Et maintenant, la rentrée d’Emmanuel Macron sous l’angle économique...

C’est une rentrée sous deux signes. Il y a d’abord une conjoncture qui s’améliore même si ce n’est pas encore évident quand on voit les chiffres du chômage. Le moral des chefs d’entreprise est bon, et pour la première fois depuis dix ans, la totalité des pays développés dans le monde est en croissance. Mais c’est aussi une rentrée qui se fait sous le signe des réformes en matière sociale et fiscale, des réformes lourdes et il est en réalité à 100 % logique qu’elles créent des interrogations, des attentes mais aussi de l’anxiété. Car c’est sûr : elles vont avoir des conséquences sur la vie des Français. C’est le cas naturellement des ordonnances sur le droit du travail. Mais surtout, il y a peu d’exemples passés de modifications d’impôts aussi lourdes que celles annoncées -il faut remonter à Michel Rocard peut-être. La CSG relevée, les cotisations salariales abaissées -ce qui avantagera tous les salariés sauf les mieux payés-, la taxe d’habitation qui disparaîtra pour quatre Français sur cinq, l’ISF à moitié aboli, la fiscalité du capital revue etc., ce sont des dizaines de milliards d’euros qui vont se déplacer, avec des gagnants et des perdants. A ce stade, il est normal que chacun ait du mal à se situer.

Et donc, cette rentrée économique sera-t-elle dure pour le président ?

J’ai envie de vous dire : on s’en moque qu’elle soit dure pour le président, ce qui compte c’est de savoir si elle le sera pour les Français ! Cela dit, on n’est jamais à l’abri d’une surprise, mais la rentrée sociale ne devrait a priori pas être la plus difficile. Le principe d’une modification du droit du travail figurait dans le programme du candidat Macron et il a une majorité. En revanche, la haie fiscale et budgétaire est plus haute. La répétition des maladresses comme la baisse de cinq euros de l’aide logement en juillet serait catastrophique ! Chaque Français, échaudé par le quinquennat Hollande, va aussi regarder de près son bulletin de paie et ses impôts. Au fond, tout l’enjeu, pour Emmanuel Macron, est sans doute d’inscrire chacune de ses réformes dans un tableau d’ensemble -c’est la communication- mais plus encore d’avoir des résultats et l’indicateur le plus solide à surveiller ne sera pas les sondages de popularité mais le moral économique des ménages.

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