Bruno Le Maire a assuré hier qu’il n’y aura pas de hausse d’impôt d’ici la fin du quinquennat. Est-ce vrai ?

Hélas non, le ministre des Finances est allé vite en besogne mais sa déclaration ouvre un débat intéressant. Bruno Le Maire considère que la hausse de la CSG des retraités est déjà faite et que devant nous, il y a la baisse de la taxe d’habitation pour tous les Français. Il oublie le relèvement de la fiscalité sur les carburants. Cet oubli peut être de la mauvaise foi, on n’ose y croire, mais cela peut être aussi l’effet d’une évolution des esprits : la fiscalité doit être plus écologique et un consensus général se mettrait doucement en place. Alors, d’abord, les faits. Comme en 2018, le prix du litre de gazole augmentera de plus de 6 centimes par litre au 1er janvier prochain et cela n’est pas prêt de s’arrêter ; il y aura une hausse aussi pour le sans-plomb 95, tout cela étant le résultat du rapprochement voulu des prix des deux carburants et de la montée en puissance de la taxation du carbone. Bref, pour être précis, au cours de ce quinquennat, d’ici 2022, la seule taxation du gazole augmentera de 34 centimes, selon l’UFIP, le syndicat du secteur, celle de l’essence de la moitié. Depuis un an, la hausse tourne déjà autour de 20 %. Cela pourrait être plus si le prix du baril flambe sur le marché du pétrole. A quand les deux euros le litre ?

Voilà les faits, mais votre commentaire ?

Toutes ces hausses votées l’an dernier, c’est le plan Hulot. Personne ne veut revenir là-dessus aujourd’hui, on verra s’il vous en parle. Mais au total, tout cela est massif, à tel point que cela va rapporter une dizaine de milliards d’euros supplémentaires aux caisses de l’Etat. Pour la bonne cause ? Evidemment, les citadins applaudissent, au nom du climat et de la santé – et ils ont raison : les véhicules sont responsables d’une part écrasante des émissions de CO2. Mais les habitants des territoires plus ruraux ont encore l’impression d’être les dindons de la farce parce qu’il n’existe pas vraiment d’alternative – les véhicules électriques restant cher. Ils en veulent aux bobos des villes. Ce n’est pas un hasard, LR, les Républicains, a lancé une campagne avant l’été demandant l’annulation des hausses de carburants. Le gouvernement devrait donc faire attention et soigner sa communication sur le sujet avant de le balayer d’un revers de la main et de le traiter .

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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