Ce matin : la braise sous la cendre ?

C’est énigmatique, mais il y a actuellement des éléments qui, mis bout à bout, donnent de l’espoir pour l’économie. Espoir bienvenu dans ce climat si sombre de la campagne présidentielle. Il y a quelques minutes, l'Insee a dévoilé sa première estimation de la croissance au 1er trimestre : + 0,3%, comme prévu, avec une bonne accélération de l'investissement des entreprises. C'est bien, ce n'est pas exceptionnel. Mais publiée hier, une information est passée inaperçue : le moral des acteurs économiques de la zone euro se situe en ce mois d’avril à son plus haut niveau depuis dix ans. C’est une enquête sur tout le continent réalisée chaque mois par la Commission de Bruxelles, qui dit donc que le moral revient au niveau d’avant-crise financière.

On savait jusqu'à présent que les clignotants étaient en train de passer au vert, mais à un vert très pâle. Et si en réalité on allait vers du vraiment mieux, un vert vif ? De fait, en France, la quasi-totalité des enquêtes de ces tous derniers jours sont bons, dans le bâtiment, dans l’industrie, les travaux publics et même l’agriculture. Les moteurs semblent repartir partout.

Ce n’est pourtant pas ce que disent les chiffres du chômage.

Chiffres qui sont remontés le mois dernier et qui ont augmenté de 585.000 sous le quinquennat Hollande. C’est vrai, ce n’est pas cohérent. Alors ? Alors, deux explications. Un : c’est un effet retard, la conjoncture est en train de s’améliorer, là, en ce moment, cela va finir par se voir dans le chômage. 2ème possibilité : les entreprises créent des emplois mais cela ne suffit pas encore pour absorber la hausse de la population active, en âge de travailler. En fait, les deux sont possibles, mais la conclusion est qu’on pourrait être surpris dans le bon sens dans les mois qui viennent. Pour finir, je vous donne le nom de la région en Europe où le chômage est le plus faible – cela a été publié aussi hier. C’est la Basse-Bavière, en Allemagne, avec un taux de chômage de 2,1 %. En France, il faudra beaucoup d’indicateurs dans le vert pour toucher ce plancher. Mais en attendant redisons-le nous parce qu’on se pince forcément : le climat économique est au plus haut depuis dix ans. Si c’est vrai, le prochain occupant de l’Elysée aura vraiment du « bol ».

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