Alors que l’année n’est pas encore finie, les ventes de voitures neuves en France ont d'ores et déjà franchi la barre symbolique des 2 millions 200.000. Un niveau record, qui n’avait plus été atteint depuis 2001. Le marché auto finit même l’année sur les chapeaux de roue. Avec une hausse des immatriculations supérieures à 40% en novembre et en décembre ! Du coup, si les fêtes de fin d’année ne brisent pas cet élan, le cap des 2 millions 300.000 véhicules vendus pourrait être dépassé en 2009. Soit une croissance de 9% sur l’année. On se pince pour y croire. Car il faut quand même rappeler qu’en début d’année bien peu de monde pariait sur un retour aussi rapide de la croissance dans le secteur automobile. Une industrie qui paraissait durablement sinistrée. En fait, les ventes de voitures en 2009 ont été dopées par deux éléments de calendrier, dont l’impact est allé croissant tout au long de l’année. On peut parler d’un effet compte à rebours. Il a particulièrement bien fonctionné pour la prime à la casse. A compter du 1er janvier 2010, la prime offerte pour les voitures de plus de 10 ans en contrepartie de l’achat d’un véhicule neuf sera en effet ramenée de 1.000 à 700 euros. Si les Français se sont rués chez les concessionnaires en cette fin d’année, c’est évidemment pour bénéficier à plein de ce dispositif. La mécanique est la même pour le bonus écologique. Puisque, là aussi au 1er janvier 2010, la grille des bonus-malus sera durcie. C’est-à-dire que des voitures neutres jusqu’à présent sur le plan fiscal pourront être frappés d’un malus. Au total, on estime à 300.000 environ, le nombre de voitures qui ont été achetées par anticipation cette année grâce à l’effet prime. Comme on pouvait s’y attendre les grandes gagnantes sont évidemment les petites voitures. Les Twingo, Clio, Sandero, 207, 107 et autres 206 ont tenu la vedette d’un marché de plus en plus converti aux petites citadines. Résultat, en cette fin d’année, la Clio sous ses différentes versions et la Twingo trustent à elles seules 11% de tout le marché hexagonal. Du coup, PSA et Renault, plus présents sur les petits modèles, sont à la fête. Ils finissent l’année 2009 avec de confortables gains de parts de marché sur leurs concurrents étrangers. Et leurs usines tournent à un régime bien plus élevé que celui de la fin 2008, marquée par de longues semaines de chômage partiel. Seul bémol : les modèles qui ont tiré le marché sont avant tout ceux fabriqués dans les sites de production situés dans des pays à bas coût. L’embellie de 2009 sera-t-elle durable ? Rien n’est moins sûr. Comme je vous l’ai dit, un certain nombre de voitures ont été achetées plu tôt que prévu pour bénéficier de la prime à la casse. Historiquement les millésimes post-primes à la casse sont rarement exceptionnels. Les années qui ont suivi la fin de la Balladurette et de la Juppette l’ont prouvé. Mais rien ne dit que l’arithmétique s’appliquera cette fois-ci de manière aussi lapidaire. D’autant que 2010 devrait, selon toute vraisemblance, être une année de reprise générale de l’économie.

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