Le sujet éco du jour, c’est une Renault inconnue en Europe, mais qui commence à ressembler à un nouveau best-seller pour le constructeur…Vous avez aimé la Logan, vous allez adorer la Kwid… C’est ce que pourrait commencer à se dire la direction de Renault, à la lecture des premiers chiffres de vente de cette auto low cost lancée en octobre.La quoi ?, me demanderez-vous sans doute de répéter. La Kwid, K-W-I-D.« Connais pas », me rétorquerez-vous probablement. C’est normal. Elle n’est pas vendue en Europe. Ce lancement a eu lieu en Inde. C’est d’abord pour ce marché qu’a été conçue cette petite berline compacte – elle mesure à peine 3.70 mètres- au design flatteur mais à la conception frugale. Ce qui permet d’abaisser le tarif de base pour les clients à un peu plus de 250 000 roupies, l’équivalent de 3 500 euros.Résultat : au terme du premier trimestre de ventes, il s’en est déjà immatriculé 14 000. A cela s’ajoutent 70 000 commandes fermes à livrer et la marque envisage désormais de produire 150 000 de ces voitures en 2016. « Pour un démarrage, c’est du jamais vu », commente-t-on chez Renault. Qu’est-ce qui explique ce succès prometteur ?D’abord, deux choses que nous connaissons bien en Europe. D’une part le savoir-faire en termes de conception et production à bas coûts (des autos simples et robustes et simples, avec peu d’électronique) acquis à travers la success story de Logan et de Dacia en Europe. D’autre part, l’alliance Renault Nissan. La plateforme de la Kwid a été développée avec les ingénieurs japonais dans le centre commun aux deux constructeurs à Chennai. Le troisième facteur clé, il est local : la main d’œuvre peu coûteuse et la densité du tissu industriel indien, qui fait que la Kwid est fabriquée avec 98 % de composants locaux, plutôt qu’avec des pièces importées. Alors a-t-on des chances de voir cette auto rouler en France, comme cela s’était produit avec la Logan ?Aucune décision en ce sens n’est prise. Mais bien évidemment, plus d’un y pensent ! A priori, rien ne s’y opposerait. La Kwid est conçue pour le monde en pas simplement l’Inde. Elle sera d’ailleurs lancée au Brésil en 2016. L’intégration de sa production dans le nouveau méga-site industriel de Renault à Tanger ne poserait pas de problème. Mise aux normes européennes, elle pourrait devenir un modèle d’attaque vendu entre 5 000 et 7 000 euros. Une offre extrêmement disruptive, mais extrêmement attractive aussi. Donc, toujours pas de feu vert. Certes. Mais si l’histoire des stratégies industrielles et commerciales dans l’automobile nous apprend une chose, c’est bien qu’il ne faut jamais dire jamais.

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