**Nicolas Sarkozy organise aujourd’hui à l’Elysée une grande conférence sur les finances et les déficits publics.Cette réunion ne sera pas un Grenelle des finances publiques comme il y a eu le Grenelle de l’environnement. Les départements et les régions de gauche ont décidé hier de boycotter cette conférence en dénonçant une « mascarade ». Cette politique de la chaise vide, c’est curieux, c’est comme si un homme politique se désistait au dernier moment d’une émission de télévision pour faire parler de lui – c’est malin mais un peu court ! Mais les élections approchent et les collectivités locales refusent d’être montrées du doigt. Et c’est vrai que l’Etat, qui affiche gaillardement un trou de 150 milliards d’euros cette année ne peut pas faire trop le malin. Ce à quoi l’Etat répond que c’est la crise et que, lui au moins, il maîtrise ses dépenses – ce qui est vrai aussi. Ce couac est dommage parce que toutes les bonnes volontés seraient nécessaires. La France, c’est 35 années de déficit public, plus de déficit que la moyenne de la zone euro et la probabilité de devoir emprunter plus que l’Allemagne sur les marchés financiers avec 20 millions d’habitants en moins. Comme le dit l’économiste Jacques Delpla, les Français rafolent des dépenses de gauche et des baisses d’impôt de droite. Bon, alors y a-t-il une recette miracle ?De recette miracle non, mais l’idée qui court et Nicolas Sarkozy en parlera, c’est celle d’une règle d’or. L’idée d’une règle d’or, c’est de faire comme les Allemands qui ont inscrit dans leur Constitution l’obligation d’un quasi-équilibre budgétaire entre recettes et dépenses à partir de 2016. Pour l’instant, la France s’est engagée vis-à-vis des autres pays européens, elle, a ramené ses déficits de 8% à 3% d’ici 2013. Ce qui veut dire en gros à trouver 50 milliards d’euros sur 1.000 milliards de dépenses publiques. Pratiquement, cela peut se faire soit par des économies soit par des impôts supplémentaires – mais les prélèvements sont déjà élevés. On est encore loin de la règle d’or ! Mais une commission de réflexion va être créée, ce sera annoncé aujourd’hui. Mais est-ce une bonne idée ?Il y a déjà tant de choses qui ne sont pas respectées dans la Constitution qu’en rajouter une est inutile ! Surtout qu’il existe en réalité déjà une règle d’or : le traité de Maastricht, qui plafonne à 3% du PIB le montant du déficit public hors circonstances exceptionnelles comme la crise. On ne peut pas dire que ce taquet a été respecté depuis presque 20 ans…. Interdire le déficit dans la Constitution, c’est comme décider des limitations de vitesse : s’il n’y a pas de sanction et de gendarme, cela ne sert à rien ! Or, personne dans la classe politique n’acceptera d’être dessaisi de son pouvoir tenu des urnes par des règles écrites d’avance. Et du coup ….… Du coup, faute de règle d’or, le gouvernement s’en tiendra probablement à ses règles d’argent, plus modestes : le « un sur deux » pour les fonctionnaires et la fixation d’objectifs d’évolution des dépenses. La vérité est que sur les déficits, plutôt que jouer avec la Constitution, il vaut mieux convaincre par des décisions que par des déclarations et des décrets. Mais en gardant à l’esprit qu’au rythme où file l’endettement public, le risque est qu’un jour ce soient nos créanciers qui fassent la loi.**

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