Bruno Le Maire s’est dit favorable dimanche à la diminution des avantages des anciens chefs de l’Etat. Le gouvernement cherche des symboles sur les sujets qui motivent le plus les Français : l'exemplarité et l'égalité, sans avoir à effacer ses mesures emblématiques comme l'ISF.

Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire invité de Questions politiques
Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire invité de Questions politiques © Radio France / Capture d'écran

C’était hier dans l’émission "Questions politiques" sur cette antenne. Le gouvernement et son ministre des Finances ont bien compris qu’un des messages principaux envoyés actuellement par les Français est : sus aux élus, leurs privilèges, leur nombre, leur prétendue corruption. C’est frappant dans les réunions publiques, comme celle organisée par François Bayrou à Pau vendredi, c’est présent dans les cahiers de doléances des mairies et parmi les 110.000 contributions désormais (lundi matin) déposées sur le site du Grand débat. 

Les responsables politiques essaient de mettre de la raison sur ce sujet : le coût du Parlement et du gouvernement représente 0,1% du budget de l’Etat. Les députés coûtent 1 euro 25 par foyer et par mois. Et les 500.000 conseillers municipaux sont presque en totalité bénévoles. Mais rien n’y fait. 

Du coup, il faut trouver des symboles. Emmanuel Macron a de lui-même évoqué le cas des cumuls retraite-emploi pour certaines fonctions et chacun a en tête le nom du Défenseur des Droits Jacques Toubon, dont les revenus avoisineraient 30.000 euros par mois selon le Canard Enchaîné – chiffre que l’intéressé dément. 

C’est vrai que sans tomber dans le poujadisme, l’exemple de Valéry Giscard d’Estaing, qui bénéficie depuis 1981 de bureaux, secrétariat, chauffeur etc., peut choquer. Les anciens premiers ministres et anciens ministres de l’Intérieur ont aussi voiture et officier de sécurité, parfois plus. Je ne sais pas si certains ont renoncé à ces avantages, mais cela fait de 20 à 30 personnes, parfois depuis les années 90. C'est financièrement anecdotique mais c’est étrange et n’existe nulle part ailleurs.

La recherche de symboles touche aussi la matière économique

Bruno le Maire a par ailleurs confirmé hier qu’il prépare une loi pour contraindre les patrons des grandes entreprises à résider fiscalement en France. Là encore, c’est du symbole, parce que les cas se comptent sur les doigts d’une main, on pense à Carlos Ghosn résident fiscal aux Pays-Bas, ce qui ne l’empêche pas de payer des impôts en France. 

Bercy a trouvé un moyen pour ne pas renégocier 150 conventions fiscales, en jouant sur la définition du "mandataire social". Autre symbole, l’idée d’une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu pourrait faire son chemin, au-delà des 49% actuels. 

L’objectif est d’éviter le retour de l’ISF, dont le gouvernement veut tester les effets de la suppression parce que l’enjeu, là, n’est pas seulement symbolique mais aussi économique.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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