La semaine qui s’ouvre sera une semaine clé pour le Budget de l’Etat, avec plusieurs rendez-vous importants.Effectivement, nous allons en savoir plus cette semaine puisque le gouvernement va passer aux travaux pratiques sur la rigueur. Concrètement, le premier rendez-vous est prévu mercredi. En conseil des ministres, un plan de 150 mesures d’économies sur les dépenses va être adopté, (150 mesures) qui représenteront 10 milliards d’euros par an quand elles seront toutes appliquées, c’est-à-dire dans deux- trois ans. Ces mesures font partie de ce que l’on appelle la Révision générale des Politiques publiques (RGPP pour les experts). Le second rendez-vous est attendu, lui, en fin de semaine avec l’envoi à chaque ministre, par François Fillon, du plafond de ses dépenses pour 2011 et les années suivantes. Tout cela veut dire que le gouvernement, qui a beaucoup utilisé depuis quelques semaines la technique du roulement de tambour (vous allez voir ce que vous allez voir), va enfin lever le rideau. Et justement, à quoi peut-on s’attendre ?Ce sera peut-être Nicolas Sarkozy lui-même qui présentera les 150 mesures, comme cela avait été le cas pour la précédente vague de la RGPP en 2009 (vague) qui avait fait, il faut le dire, un peu un « flop », un « bide », parce qu’elle avait été jugée tout à fait insuffisante. On verra ce qu’il en est cette fois. Sur les 10 milliards évoqués, 3 sont clairement identifiés : c’est le gain que représente la baisse du nombre de fonctionnaires. Pour le reste, il y a aussi quelques (disons) amuse-gueules comme la réduction du parc automobile de 10.000 voitures, la baisse des budgets de communication et des coupes jusqu’à 20% des dépenses courantes (papier, gommes, crayons etc.). Dans le plus lourd, plusieurs milliards vont être économisés dans le budget de la Défense et, surtout, avec le gel des salaires des fonctionnaires. Le plus probable, sur ce sujet, est que la revalorisation prévue de 0,5% 1er juillet aura lieu mais qu’il y aura ensuite un gel pour les années suivantes. Et cela va suffire ?Non ! Certes, les mesures dont je viens de parler sont importantes et il y aura aussi les économies sur les niches fiscales. Mais les objectifs visés de baisse des déficits publics ne seront pas atteints s’il n’y a pas d’examen au peigne fin, de recentrage d’aides aux entreprises, aux ménages, de remise en cause sans doute aussi de subventions, d’allocations. Toute la question, si on prend un peu de distance, est de savoir si on peut passer, la formule n’est pas de moi mais elle est juste, d’un Etat providence généraliste à un Etat providence plus ciblé sur les populations qui en ont vraiment besoin. La Prime pour l’emploi est la meilleure illustration d’une certaine dérive. Complément de revenu pour aider à la reprise d’emploi, c’est aujourd’hui une allocation générale perçue chaque année par davantage de monde, 8 millions de personnes. Très loin de l’objectif initial. Comment toutes ces économies vont-elles être accueillies ?Mal ! Parce que les mêmes qui s’alarment des déficits en général seront les premiers à crier au scandale dès qu’on touche à une dépense en particulier. Et je vais vous faire une confidence : le plus probable est que cela sera hélas le cas aussi parmi les commentateurs.

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