Il est possible que le Brexit affaiblisse la place financière de Londres. Mais ce n'est pas sûr. Etat des lieux avec Dominique Seux.

Un trader à Londres le jour du vote du Brexit
Un trader à Londres le jour du vote du Brexit © Reuters / Russell Boyce

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Quel avenir pour la City ?

Les Français, si on regarde leurs réactions depuis trois jours sur ce sujet, ressentent ce qu'on appelle en allemand la shadenfreude, la joie maligne, la joie secrète et honteuse, de voir la finance britannique menacée. Quelle revanche, hein ? Et on se frotte les mains.

En réalité, on en est à la possibilité que le Brexit affaiblisse la place financière de Londres. Mais ce n'est pas sûr.

La finance représente 10 % du PIB de notre voisin et on dit généralement que plus de deux millions de personnes y sont employées : c'est énorme. Les Français et les Allemands font le calcul suivant : les mois, les années qui viennent vont être incertains en Grande-Bretagne et l'incertitude va affaiblir la finance ; et surtout Londres va perdre le passeport financier, sa capacité à proposer aux entreprises, aux épargnants, aux investisseurs des 27 autres pays des produits financiers.

Il faut savoir que les banques japonaises ou américaines sont installées sur la Tamise pour avoir accès au continent. Il faut savoir -et là, beaucoup d'auditeurs vont être surpris- que les opérations sur l'euro se font la plupart du temps à Londres alors que la Grande-Bretagne a refusé l'euro (c'est ce qu'on appelle les chambres de compensation). Voilà, des études estiment que la City pourrait perdre 100 000 emplois hyper qualifiés. Mais encore une fois, les Anglais savent très bien retomber sur les pattes de leurs brebis à la panse farcie.

Mais si la City décline, cela peut-il faire les affaires de Paris ?

Hier, vous avez eu des communiqués venant de partout, et même un signé du Medef et du patronat allemand pour réclamer la suppression du passeport financier.

Paris mais aussi Francfort, Luxembourg ou Amsterdam espèrent récupérer la mise. A-t-on une chance ?

Honnêtement, cela paraît difficile ou alors il faudrait un tapis rouge très très moelleux, parce que la France n'est pas connue pour aimer particulièrement la finance. Un cadre financier coûte une fois et demie plus cher ici qu'ailleurs pour des raisons sociales et fiscales. D'une certaine manière, ce serait dommage de rater cette occasion parce que la France aligne des très belles banques. Mais on n'est pas prêt, je crois, de dire en France : mon ami, c'est la finance … britannique.

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