Ce matin : cette nouvelle Europe qui parle aux Européens.

Oui, c’est frappant : si on aligne un certain nombre de décisions ou d’orientations prises ces toutes dernières semaines, on a sous les yeux un glissement, et même un changement de pied, dans la façon dont l’Europe parle aux Européens. Davantage de concret –on a envie de dire de palpable. Davantage de sujets compréhensibles. Hier, la Commission -et il faut saluer la personnalité de la commissaire Margrethe Vestager- a infligé une amende de plus de deux milliards d’euros à Google pour abus de position dominante. C’est peu par rapport aux bénéfices de Google (81 milliards d’euros l’an dernier), mais c’est une épine dans le pied américain qui va donner leurs chances à des concurrents. Depuis dix jours, l’Europe est un espace téléphonique unique, avec la fin du roaming, les surcoûts au passage des frontières. Quoi encore ? Lundi, Bruxelles annonçait une subvention de plus d’un milliard d’euros pour financer la nouvelle ligne expresse entre l’aéroport de Roissy et Paris. Sur les travailleurs détachés, Paris pousse à un encadrement plus strict, légitime, et une décision en ce sens est probable à l’automne. On pourrait aussi évoquer la défense ou un ton nouveau sur les sanctions contre des pratiques abusives de la Chine. Bref, l’Europe s’est mise à parler -enfin- de façon intelligible.

Ce n’était pas le cas auparavant ?

L’Europe a longtemps été un garde-chiourme. Non pas que le sujet des déficits publics ne soit pas important -on ne dira pas cela, c’est important !, notamment dans le cas de la France qui affiche quasiment le déficit le plus élevé, 3,2% du PIB selon l’audit de la Cour des comptes- mais la commission de Bruxelles a donné l’impression à un moment donné de ne pas parler que de cela. Comme elle donnait l’impression de bloquer tous les rapprochements entre entreprises européennes. Une Europe punitive, et non pas de projet ou –puisque le mot est à la mode- protectrice. Aujourd’hui, elle élargit sa palette d’interventions et c’est tant mieux. Bien évidemment, la situation économique s’améliore dans la zone euro et cela facilite les postures plus positives. Bien évidemment, la situation des banques italiennes reste inquiétante, sans parler de la Grèce. Bien sûr, le fonctionnement de la zone euro est en chantier. Mais l’Europe essaie de se rendre aimable, et qui sait ? Un espoir est permis.

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