L’avenir des pensions de réversion continue de susciter une polémique.

Pensions de réversion : les leçons d'une polémique
Pensions de réversion : les leçons d'une polémique © AFP / Alain Pitton / NurPhoto

Ça fait quinze jours que le gouvernement essaie d’éteindre l’incendie. Sans grand résultat. Emmanuel Macron y est allé lui-même d’un tweet pour rassurer les veufs et veuves. Non, pas un euro ne sera pris sur leurs retraites. Sauf que cet engagement ne tient que pour ceux qui sont déjà retraités. Pour les autres, tout dépendra de la réforme à venir. Sur le papier, celle-ci est inattaquable. On va passer à un régime universel, où chaque euro cotisé donnera les mêmes droits, et l’objectif n’est pas de faire des économies. C’est le Haut Commissaire, Jean-Paul Delevoye, qui le martèle.

La méthode aussi est respectable : tout est sur la table. Les syndicats apprécient. Mais justement, comme tout est discutable, la réforme fait peur. Car les différences entre régimes, très nombreuses, vont devoir être gommées. Exemple : pourra-t-on toucher une pension de réversion à 55 ans ou à 60 ans ? Aujourd’hui, ça dépend. Les infirmières pourront-elles partir à la retraite à 57 ans, comme dans les hôpitaux, ou à 62 ans, comme dans les cliniques ? Même dilemme pour la naissance d’un enfant, qui ne donne pas les mêmes droits dans le privé et le public. La conclusion de tout ça, c’est que les polémiques ne font que commencer.

Comment le gouvernement peut-il s’en sortir ?

Politiquement, la solution la plus facile serait d’aligner les droits vers le haut. Vers le régime le plus favorable. On minimise le nombre de perdants. Mais budgétairement, c’est évidemment intenable. Deuxième solution : dans le cadre du régime universel, des règles différentes seraient maintenues. Mais le gouvernement ne peut pas aller trop loin dans cette voie car sinon, la promesse d’équité ne serait pas tenue. Jean-Paul Delevoye doit donc agir sur les deux tableaux, et rester transparent sur ces débats, qui sont réellement passionnants.

Il est quand même probable, quand on voit la sensibilité sur les pensions de réversion, que cette réforme ne se fasse à coût nul. C’est un risque de plus sur les dépenses du quinquennat, après le plan dépendance promis pour 2019, ou encore le service national universel. De quoi inquiéter le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, et qui ne voit toujours rien venir du côté des économies.

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