On l'a appris hier : Netflix utilise un quart de la bande passante des opérateurs télécoms, devant Google. C'est le succès de cette plate-forme. Mais ceux qu'il faut saluer aussi, ce sont tous les ingénieurs qui rendent possible cette explosion des contenus audio et vidéo.

Hommage aux ingénieurs, derrière le succès de Netflix
Hommage aux ingénieurs, derrière le succès de Netflix © AFP / Lionel Bonaventure

On connaît la progression du nombre d’abonnés de Netflix en France : 5 millions aujourd’hui, ce qui est considérable pour un service qui n’existait tout simplement pas il y a quelques années. L’idée de l’abonnement illimité à des vidéos en streaming, des séries, des films, des documentaires, cette idée n’est pas neuve, mais elle séduit. 

Ce que l’on a appris hier, c’est que Netflix absorbe désormais aussi un quart du trafic Internet fourni par les opérateurs télécoms en France aux internautes

Précisément, un quart de la bande passante (ne m’en demandez pas plus), c’est l’Arcep, l’Autorité de régulation des télécoms qui l’assure (rapport page 31). Il y a un an, c’était encore Google (qui contrôle YouTube) qui était en premier. Au total : Netflix, Google, Facebook, Amazon, Apple, représentent la moitié du trafic  Pour avoir une idée de comparaison, Canal+, c’est 2%. 

Et alors, direz-vous ? 

Alors :

1- Mesurons la vitesse à laquelle les géants américains peuvent débouler et prendre une place énorme dans le paysage, avec une puissance de feu de 8 milliards de dollars d’investissements en série et en films l’an dernier, dont une centaine de millions en France.

2- Voyons le déséquilibre entre d’un côté les fournisseurs de tuyaux, les opérateurs comme Orange, SFR, Bouygues et Free, qui installent des infrastructures coûteuses et sont critiqués par les consommateurs dès qu'il y a un problème, et de l’autre côté les fournisseurs de contenus, qui remplissent les tuyaux et ont toute la gloire.  N'entrons toutefois pas dans le débat miné sur la neutralité d’Internet, ouvert à tous dans les mêmes conditions ...

3- Saluons surtout cette capacité des opérateurs à s’adapter. C’est un hommage aux ingénieurs ? Oui. Dans le domaine du divertissement (télévision, radio, cinéma, jeux vidéo), ce sont les créateurs, les créatifs, qui sont à l’honneur à Cannes, aux Oscars, aux Golden Globes, aux conversations à la machine à café et ailleurs. On pense moins à ceux qui sont dans la soute : les ingénieurs qui rendent possibles toutes ces innovations, avec des millions de kilomètres de fibres, des nœuds, des serveurs etc. Comme beaucoup d'auditeurs, je ne comprends pas la moitié (et encore c'est optimiste) des éléments techniques qui rendent possibles tous les services que nous utilisons chaque jour désormais - amusez-vous à évaluer votre propre degré de savoir avec ces données

Jugez-en : le trafic entrant des opérateurs télécoms vers les clients est passé en cinq ans de 2 à 14 Gigabits par seconde. Les capacités des interconnexions, elles, ont littéralement explosé, de 5 à 40 térabits par seconde – c’est beaucoup et il faut "assurer", pour le dire vulgairement. Bien sûr les ingénieurs ont le beau rôle aussi chez Google ou Netflix. 

Comme c’est en ce moment les oraux de toutes les écoles d'ingénieurs, il fallait leur rendre hommage. Vive les ingénieurs !

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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