Ce matin : une nouvelle illustration de l’échec, dans le monde des entreprises, des fusions entre égaux.

L’information officielle est tombée vendredi, elle n’a pas surpris grand monde parce qu’elle était prévisible, mais c’est quand même un tournant pour l’industrie française : le groupe cimentier LafargeHolcim, leader mondial de son secteur, a annoncé la fermeture de son siège parisien. Issu de la fusion entre le français Lafarge et le suisse Holcim, le groupe ferme aussi son siège de Zurich pour se replier dans deux villages suisses à la fiscalité favorable. 

Cette décision s'explique officiellement par les mauvais résultats financiers en 2017, mais c’est le dernier épisode d’un feuilleton qui a vu peu à peu voler en éclats la thèse du mariage entre égaux de 2015. Et il y a fort à parier que l’entreprise s'appelera un jour Holcim tout court, ne serait-ce que pour faire oublier le scandale syrien. 

Cela confirme une nouvelle fois qu’il ne faut pas croire à la com : en clair, 1 + 1 n’est pas égal à 2 ou même 3. Dans les mariages entre égaux, l’un est plus égal que l’autre et un + un égale simplement un 1 plus gros – si on peut dire. Souvenez-vous : UAP-AXA ou Carrefour-Promodès, on sait qui a disparu ; même chose pour Sanofi-Aventis. Seul contre-exemple qui vienne à l’esprit : l’européen Airbus, surtout franco-allemand.

Et quid des fusions "entre égaux" en cours ?

Il y en a deux. 

Le numéro un mondial des verres ophtalmiques, le français Essilor, va fusionner d'ici à juillet avec l’italien Luxxotica, le champion des montures (comme les Ray-Ban). Le siège sera en France et chacune des deux sociétés aura huit administrateurs au conseil de la coentreprise. Mais la famille italienne fondatrice de Luxxotica contrôlera 31 % des droits de vote, c'est beaucoup. Bon, on verra. 

Comme on verra aussi pour la fusion entre la branche rail de Siemens et Alstom Transport, numéro 2 et 3 mondial. Là aussi, le siège sera à Paris, la nouvelle entreprise y sera cotée et les commandes de la SNCF donneront un bras de levier à la partie française. Mais Siemens aura un peu plus de 50 % du capital face à un capital flottant. Et l’allemand pourra monter au capital dans quatre ans. On peut être dubitatif sur un Airbus du ferroviaire.

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