Ce matin, le dilemme de François Hollande – bien sûr avant son intervention télévisée de ce soir.

Sa dernière intervention télévisée remonte à 200 jours exactement. C’était le 9 septembre sur TF1, et François Hollande avait promis, je le cite, « l’action et du mouvement ». Et il avait promis que la courbe du chômage s’inverserait, je le cite, « d’ici un an », donc, dans 5 mois, en septembre. Depuis, personne ne croit à une baisse rapide du chômage ; Le gouvernement a abandonné l’objectif d’un déficit public à 3% du PIB cette année ; La croissance 2012 a été à zéro, le pouvoir d’achat a reculé pour la première fois depuis 1984 et les marges des entreprises – on en a pas parlé – sont au plus bas depuis aussi trente ans. Dans les deux cas, pouvoir d’achat, entreprises, les impôts sont en cause. Bref, c’est dur.

Et donc ce dilemme ?

D’après ce qu’on sait, François Hollande fera de la pédagogie, il n’y aurait pas d’annonces particulières. En même temps, c’est dit tellement fort que cela cache peut-être un « coup » avec des annonces fortes … On verra bien ! Mais le dilemme dont je parle est simple. A mon avis, le chef de l’Etat a le choix entre deux options : malin ou Mali. Soit il décide d’agir en économie comme il l’a fait au Mali ; soit il continue à choisir d’être simplement malin, mais on voit que cela ne marche pas.

« Malin », que voulez-vous dire ?

C’est la voie empruntée depuis dix mois. Le gouvernement envoie des signaux dans un sens, puis un autre, il augmente des impôts, puis il baisse des charges, il répète sur tous les tons que jamais un gouvernement n’a été aussi sérieux sur la dépense publique, mais les seuls exemples qu’on a sous les yeux vont dans l’autre sens ; il laisse le patronat et les syndicats négocier sur la flexibilité, mais il ne se mouille pas avant qu’ils aient conclu. Au fond, il finasse. Cela permet de passer entre les gouttes politiques, mais cela entretient le brouillard. Voilà la méthode maligne ou comment être malin.

Et en face, il y a le choix du Mali, dites-vous…

Il s’agirait d’appliquer à l’économie ce que François Hollande a montré au Mali, des qualités, un esprit de décision, une prise de risques, parce que la situation est sérieuse et que le temps n’est pas aux demi-mesures. Il ne voulait pas attendre qu’AQMI prenne Bamako ; on ne peut pas attendre que la croissance revienne par l’extérieur.

Et cela ne donnerait quoi, concrètement, la méthode Mali ?

Je ne vais pas me lancer dans une anaphore, moi président de la République ! Mais s’il faisait ce choix, François Hollande dirait. 1- J’avais sous-estimé la situation, il va falloir faire des choix. 2 – la compétitivité et la réduction de la sphère publique sont nécessaires si on veut continuer à financer la protection sociale dont on a vraiment besoin. Et tant pis si la gauche de ma gauche n’est pas d’accord 3 – Je vais arrêter de tout mettre sur le dos du bilan et je vais piéger la droite en essayant de trouver quelques points de consensus. Voilà l’idée.

Vous y croyez ?

Non.

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