Lundi de Pâques oblige, vous consacrez votre chronique au marché du cacao, miroir de la mondialisation et de notre époque.

Chacun le sait, le week-end de Pâques est, avec Noël, une période de grosse consommation de chocolat dont les vertus ne sont pas seulement gustatives (c’est bon) mais permettent aussi, disait Madame de Sévigné, que (je cite) « les plus méchantes compagnies paraissent bonnes ». Sachez d’abord que le prix du cacao a triplé en dix ans sur le marché mondial, qu’il a grimpé de 10% par rapport il y a un an et c’est même une des rares matières premières dont le cours de ne s’est pas effondré, à l’image du pétrole ou du nickel. Dans la même catégorie des résistants que la fève de cacao, on trouve le jus d’orange et le sucre –que des douceurs. Sachez aussi que le cacao est très spécifique puisque que les cacaoyers ne poussent que dans les pays chauds du Sud, comme le café et le thé. Donc, quand les prix montent, tous ceux qui souhaitent voir le niveau de vie des producteurs s’élever doivent se réjouir. Les trois premiers producteurs de cacao sont la Cote d’Ivoire, le Ghana et l’Indonésie, qui réalisent les deux tiers du total mondial. Alors que blé, le maïs ou la pomme de terre poussent partout. Voilà, le décor est planté !

Alors ces tendances ?

Il y en a trois. La première, c’est que le marché du cacao est porté, comme beaucoup d’autres, par cette troupe qui grandit des consommateurs des pays émergents. Les classes moyennes du Brésil, de la Chine, de l’Inde aiment le chocolat ! Ça, ça pousse les prix vers le haut. C’est un baromètre de l’enrichissement du monde. Seconde tendance qui va, cette fois, dans le sens inverse : le réchauffement climatique (aïe). Cela a l’air bizarre mais les températures élevées de cet hiver, en Europe notamment, ont tiré la consommation un peu bas vers le bas -on consomme plus de chocolat quand il fait plus froid –sans doute parce qu’il fond sinon. Troisième élément intéressant, le caco est vraiment au cœur de la mondialisation et de la chaîne de transformation, avec beaucoup d’intermédiaires. Grosso modo, le prix payé au producteur, c’est 15 centimes les 100 grammes, sur le marché mondial, cela devient 30 centimes et la plaque dans notre magasin, un à deux euros. Question : quel est le juste prix ? Une anecdote pour finir : les industriels sont des petits malins et se débrouillent pour ne pas monter les prix en mettant moins de chocolat dans les plaques, ils rajoutent des noisettes, des fraises ou du chocolat blanc. Bonne dégustation !

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.