Les Echos publient ce matin en partenariat avec France Inter, un gros « audit » de la France.

Un exercice mené avant chaque présidentielle. Il s’agit d’évaluer les forces et faiblesses économiques du pays. Le premier élément est que pour la première fois, une majorité de Français, interrogés par sondage, estiment qu’ils vivent moins bien qu’il y a cinq ans. Ils sont presque six sur dix dans ce cas. C’est à souligner parce qu’il y a depuis toujours un grand écart : les Français sont pessimistes pour le pays, mais plutôt optimistes sur leur propre vie, leurs conditions de vie personnelles. La formule est connue : malheur public, bonheur privé. Les deux courbes se rejoignent aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. La crise financière a dix ans et le revenu par tête est au même niveau qu’en 2008. Le deuxième élément est une explication. La France est une économie trop moyenne. Elle est comme l’élève moyen d’une classe, qui a des notes en dessous de la moyenne et d’autres au-dessus. Dans la marge de la copie de l’économie française, il y a des annotations « franchement insuffisant ». C’est le cas sur l’emploi, encore sur la compétitivité-coût et la qualité des biens produits par les entreprises, l’efficacité de certains services collectifs alors que la dette publique s’approche des 100% du PIB. Dans la marge, il y a des annotations « pas mal du tout ». Sur les infrastructures, les systèmes de solidarité, la qualité de vie. Et il y a des « peut mieux faire » : le numérique tricolore, qui est une belle promesse, mais qui doit transformer l’essai parce qu’il y a beaucoup de pépites, mais pas de Google ou d’Amazon.

Quelle impression domine au total ?

D’une économie qui avance, d’énergies formidables, de paysages qui changent aussi : il y a cinq ans, Airbnb, les VTC, WhatsApp, Netflix, les drones, Drivy, les TGV lowcost Ouigo, tout cela n’existait pas vraiment. Mais d’une économie qui marche alors que beaucoup de pays courent. C’est vrai sur la transformation digitale, mais aussi celles des grandes entreprises et de la sphère publique. En France, on parle beaucoup de changement, on change peut-être plus qu’on ne le croit, mais moins qu’on ne s’en gargarise ou qu’on ne le dénonce. C’est le moonwalk de Michael Jackson : l’art de faire croire qu’on avance tout en restant sur place, voire parfois, en reculant.

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