Ce matin : les bonus des banquiers américains battent à nouveau des records.

 Oui, c’est une chronique pour s’étonner et s'inquiéter du niveau des bonus versés à l'élite des grandes banques américaines. On l’a appris hier, 177.000 traders se sont partagés 31 milliards de dollars en 2017, chiffre faramineux en forte hausse sur un an, et qui est par ailleurs le plus élevé depuis 2006. 

Souvenez-vous : 2006, c’est juste avant la crise financière de 2007-2008. Ce record est à la fois la conséquence de la bonne santé du secteur financier et d’un état d’esprit qui fait penser au film Wall Street sorti il y a quelques années. Ce ne sont pas les bonus qui ont provoqué la crise financière, dont la cause est le surendettement plus ou moins forcé des ménages et la dérégulation financière. Mais ces récompenses (on dit des incentives en anglais) ont certainement encouragé il y a dix ans les banquiers à consentir des crédits plus qu’ils n’auraient dû. 

Alors, une fois que l’on a dit cela, que l’on s’est scandalisé de la dictature du courtermisme, que l’on proteste (légitimement) contre les inégalités, une fois que l’on a dit tout cela, que retenir ? 

Et la réponse ?

Eh bien, que les Etats-Unis ont une stratégie, quel que soit celui qui les dirige, qui ne change pas. Cette stratégie est d’aider les activités économiques qui assurent à ce pays son pouvoir réel sur la planète : la finance et le numérique. On parle ces jours-ci du retour du hard power, l’usage de la force dans les relations internationales, Washington ne renonce pas au soft power, le pouvoir de l’influence. 

Barack Obama avait -on l’a oublié parce qu’une auréole est attribué à ce président - (il avait) renoncé à plafonner les bonus des traders malgré des grandes déclarations ; Aujourd'hui, Donald Trump dérégule et met en place une réforme fiscale très favorable à la finance et aux GAFA. 

Officiellement, pour la galerie, il défend l’ouvrier américain de l’acier, de l’aluminium et des machines à laver contre le reste du monde. Mais la réalité est qu’il préserve les intérêts de ces populations intellectuelles, hyper-mondialisées et mobiles de la finance et du numérique. Cela s’appelle une stratégie impériale.

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