Le gouvernement reçoit aujourd'hui un rapport sur la dépendance et la perte d’autonomie des personnes âgées. Les besoins sont indiscutables, pour des raisons démographiques et d'encadrement. Une journée de solidarité supplémentaire semble la piste la plus logique pour les financer.

Le gouvernement recevra aujourd’hui un rapport consacré à ce sujet, sujet difficile parce qu’il mêle une dimension financière, bien sûr, des perspectives de santé et démographiques, bien sûr, mais qu’il a aussi une dimension affective. Un certain nombre de Français éprouvent un sentiment de culpabilité -parfois légitime- de ne pas s’occuper assez de leurs parents âgés quand ils sont dans des maisons spécialisées. Des professionnels donnent beaucoup d’eux-mêmes et ils ne sont pas assez nombreux, enfin la société toute entière hésite et quelquefois ferme les yeux. 

Bref, c’est un sujet compliqué. 

Des propositions seront rendues publiques ce matin, on les découvrira, mais l’état des lieux, lui, est connu. Le nombre des plus de 85 ans, 1,5 million aujourd’hui, va continuer à augmenter, et tant mieux. Un ou surtout une sur cinq vit actuellement dans un établissement, les fameux EHPAD, et plus d’un million n’ont plus leur autonomie. 

Peut-on dire que la collectivité ne fait rien ? Non. La France, entre les allocations, les prestations, les soins, le coût des maisons, consacre 30 milliards d’euros à la perte d’autonomie, dont l’essentiel (80%) est de l’argent public (Sécurité sociale, départements), le reste, minoritaire, est à la charge des ménages. 

Pour l’avenir, les besoins de financement sont discutés, cela tourne autour de 10 milliards d’euros supplémentaires par an d’ici 2030 pour tenir compte de la démographie et de l’amélioration nécessaire des services. 

Quelles sont les solutions ? Il y a les solutions techniques, certains diraient de bricolage, et des solutions structurantes

-Techniquement, une cotisation sociale (la CRDS) s’éteint normalement en 2024 et si elle est maintenue à cette date, ça colle. Techniquement encore, on peut espérer voir enfin des excédents de la Sécu qui seraient redirigés. 

Mais c’est hasardeux. 

- C’est la raison pour laquelle il y a la piste, plus structurelle, d’accélérer le calendrier de hausse de la durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein (juridiquement, les 62 ans sont toujours là, mais dans les faits, non). Cette piste est regardée de près, mais n'est-ce pas mélanger les problèmes de jouer sur la retraite pour la dépendance alors qu'il existe par ailleurs des besoins de financement à venir sur la retraite (notamment pour réatblir l'indexation). 

Et il y a une autre piste, même si elle n’est pas privilégiée : celle d’un second jour de solidarité travaillé en plus. Ce serait plus facile à faire accepter dans les grandes entreprises et la fonction publique que dans les PME qui mériteraient des dérogations, mais ce serait le plus logique.

Il n'y a ni trésor caché ni repas gratuit.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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