philippe varin renonce aux dispositions actuelles de ses droits à retraite
philippe varin renonce aux dispositions actuelles de ses droits à retraite © reuters
Vous commentez ce matin l’ « affaire » de la retraite-chapeau de Philippe Varin, le patron du groupe PSA. Selon vous, peut-être une affaire à double, voire triple fond. Philippe Varin a bien fait de renoncer à sa retraite chapeau qui lui aurait assuré 310.000 euros par an après son départ du groupe. Ses arguments quels qu’ils soient étaient en effet inaudibles. En raison de la situation de l’entreprise, au bord du précipice, de la fermeture d’Aulnay et des efforts demandés aux salariés. À cause aussi de la maladresse de sa communication hier. Le chiffre de 21 millions s’est répandu en France en quelques heures alors que 14 d’entre eux seraient allés à l’État en taxes ! Et que de multiples conditions font que Philippe Varin n’aurait jamais touché ce qui a été évoqué. Il aurait pu dire aussi que la retraite maximale par les régimes sociaux habituels s’élève à 120.000 euros annuels dans le meilleur des cas – ce qui est beaucoup mais ne fait pas de vous un milliardaire. La vérité est que le système même des retraites chapeau est incompréhensible. La décision du patron de PSA enlève donc une épine du pied de tout le monde. Mais vous dites que cette affaire a un double fond ? Elle a peut-être un double fond – et on rentre là dans le domaine des hypothèses, des conjectures. Cette « fuite » sur une retraite chapeau qui était publique, qui était connue, depuis plusieurs années, tombe à un moment étrange. Elle survient quelques jours après que la famille Peugeot ait décidé d’exfiltrer Philippe Varin, de lui enlever ses principales responsabilités opérationnelles. Officiellement, il reste là un an encore, mais il est bien poussé dehors, avec les formes parce que c’est l’interlocuteur de l’État depuis des mois, mais c’est une sortie. Il doit être remplacé par Carlos Tavares, l’ex numéro deux de Renault. Ce qui est arrivé hier fragilise un peu plus encore Philippe Varin. Qui a intérêt à le voir partir plus vite encore ? Ne s’agit-il pas en définitive de fragiliser le dossier sur lequel il travaille le plus, l’entrée au capital de l’État et du chinois Dongfeng ? Vaste question ! Et c’est là qu’il y a – peut-être – un troisième fond. La famille Peugeot, notamment Thierry et Robert Peugeot, hésite depuis des semaines à franchir le pas d’une opération de sauvetage qui permettrait d’injecter 4 milliards dans l’entreprise, nécessaires parce que l’entreprise perd de l’argent et qu’elle n’a pas fait les bons partenariats stratégiques à temps. Philippe Varin a été débarqué juste avant – c’est peut-être une coïncidence mais il y en a beaucoup – que Pierre Moscovici parte en Chine (c’était ce week-end) pour discuter avec les Chinois. En clair, la famille Peugeot a-t-elle décidé de refuser ce projet dont on parle depuis des semaines, qui lui ferait perdre le contrôle du groupe ? Carlos Tavares sera-t-il chargé de trouver une autre solution qui ne dilue pas la famille ? L’Etat, qui a apporté sa garantie, est-il copilote ou il est dans le coffre et ne voit rien ? Beaucoup de questions.C’est un peu un polar que vous esquissez là ! Encore une fois, ce sont des hypothèses. Mais qui concernent l’un des groupes industriels les plus importants du pays. ### Aller + loin : [> Philippe Varin mange sa retraite-chapeau](http://www.franceinter.fr/depeche-philippe-varin-mange-sa-retraite-chapeau) ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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