Sur quels points concrets pourrait-il bouger ?

Oui, sans aucun doute. Certes hier soir, il a insisté sur son désir que la France, je le cite, change complètement de logiciel. La formule est forte ! Mais il a assuré également vouloir tendre la main à tout le monde. En réalité, dans l’entourage qui a participé à l’écriture du projet, on ne dit pas qu’il va revoir son projet, ce qui est logique puisqu’il estime que c’est le bon. On indique qu’il va l’approfondir. Ce n’est pas très différent quand même. En clair, si la direction ne bougera pas, des ajustements seront nécessaires. Il restera sur une thérapie de choc, c’est absolument certain. Et l'avantage de son projet, c'est sa clarté. Mais il a 140 jours pour tout préciser et surtout hiérarchiser ses priorités. Plus largement et sur le plan économique, il ne peut pas rester sur l’idée d’un projet thatchérien, cela ne peut pas séduire un électeur sur deux. Parions que la référence disparaîtra peu à peu. Au total, il devra inventer un récit libéral, au-delà de telle ou telle mesure.

Sur quels points concrets pourrait-il bouger ?

On ne le voit pas bouger sur l’âge de la retraite à 65 ans, même s’il faudra expliquer pourquoi, sept ans seulement après la réforme de 2010, il faudra passer de 62 à 65 ans –ce qui n’est pas rien. On ne le voit pas évoluer non plus sur la durée du travail parce qu’il est vraiment convaincu, depuis longtemps, que les 35 heures ont eu des effets désastreux. La suppression de l’ISF sera conservée. En revanche, sur les remboursements de l’assurance-maladie, ses proches ont déjà dit qu’il y aurait une négociation poussée sur la définition du panier de soins remboursables. Donc pas de privatisation de la Sécu. Et puis, il restera ce sujet de la suppression des 500.000 emplois publics en cinq ans. En réalité, c’est impossibl. S’il n’évolue pas, le risque serait pour lui que ce sujet lui colle au doigt comme le sparadrap du capitaine Haddock, comme le bouclier fiscal avait collé au doigt de Sarkozy de 2007 à 2012. Donc sans changer de direction, son projet va évoluer. Pour, enfin aussi, une raison toute simple : la situation économique va elle-même évoluer.

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