**L’Association pour l’emploi des cadres sort aujourd’hui son enquête sur les salaires des cadres… Qu’est-ce qu’il en ressort ?L’idée générale, c’est que ça résiste. Alors évidemment, les augmentations auront sans doute été moins généreuses cette année qu’en 2008, qui avait été un bon cru. Mais les salaires indiqués dans les offres d’emploi déposées à l’Apec ont encore un peu progressé. Et si les cadres ne sont pas très optimistes sur leurs perspectives salariales dans les années à venir, ils ne l’étaient pas plus l’an dernier, quand tout semblait bien aller. Enfin, 60% d’entre eux sont finalement contents de ce qu’ils gagnent. Mais chez les ouvriers, c’est sans doute différent…C’est sûr que les ouvriers sont moins payés, pour des emplois souvent plus durs. S’il y avait une Agence pour l’emploi des ouvriers, elle nous dirait sans doute qu’ils sont moins contents. Mais en ce qui concerne les augmentations en 2009, ils auraient eu droit à environ 2,5% à en croire le cabinet spécialisé Hewitt, comme les cadres, même si le chômage a plus augmenté autour des usines que du côté des bureaux. La vérité, c’est que les salariés qui ont conservé leur emploi, c’est-à-dire la grande majorité d’entre eux, ne sont pas mis au pain sec. Même si la vie n’est pas forcément drôle tous les jours dans des entreprises qui affrontent une crise sans précédent depuis près d’un siècle. Mais pour les autres, les salariés qui ont perdu leur emploi ?Alors c'est vrai que le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 500.000 en un an. Jamais ça n'avait monté aussi vite. Mais vu l'ampleur du choc économique, avec une chute brutale de la production fin 2008-début 2009, on aurait pu voir une baisse de l'emploi bien plus marquée. Je craignais pour ma part une grosse poussée du chômage cet automne, qui ne s'est pas produite. L'Unedic, qui gère l'assurance chômage, a d'ailleurs abaissé de près de 200.000 sa prévision du nombre de postes supprimés cette année. Donc sur le chômage aussi, ça va moins mal que prévu.Oui, et c'est évidemment une bonne nouvelle. Reste à savoir pourquoi. A l'extérieur de l'entreprise, il y a toute une série d'amortisseurs du choc qui fonctionnent plutôt bien. Il y a les contrats aidés dans le secteur public – plus de 300.000. Il y a la création d'entreprise – on en est à plus de 230.000 autoentrepreneurs déclarés depuis le début de l'année, dont 40% seraient d'anciens chômeurs. Et puis il y a aussi les contrats de transition professionnelle qui marchent très bien. A l'intérieur de l'entreprise, il y a aussi des amortisseurs. On supprime les heures supplémentaires. On recourt au chômage partiel. Et contrairement à ce qu'on entend parfois, les chefs d'entreprise n'aiment pas licencier, sauf quelques-uns qui sont un peu tordus. Certains se souviennent d'ailleurs d'avoir trop réduit leurs effectifs lors de la récession de 1993. Tout va bien, alors... ?Ce qui est sûr, c'est que les Français ont moins peur du chômage qu'avant l'été. Mais l'inquiétude reste forte. Pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, le marché est rude. Et les entreprises ont peut-être seulement retardé les licenciements. En tout cas, si elles suppriment peu d'emplois aujourd'hui, ça veut dire qu'elles embaucheront peu demain. Tant mieux pour ceux qui ont un emploi, mais tant pis pour les autres.**

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