Ce matin, les trois conséquences de ce que l'on peut appeler la pagaille fiscale.

Le week-end a encore été meurtrier pour le gouvernement avec les violences en Bretagne liées à l'écotaxe poids lourds et les reculs sur la fiscalité de l'épargne. La première conséquence est que l'on ne parle que de cela, des impôts, depuis deux mois. Je vous assure que le chroniqueur que je suis en a par dessus la tête de parler des impôts jour après jour, mais comment faire autrement ? C'est ce qui domine l'actualité et c'est ce dont parlent les Français. Le gouvernement n'arrive pas à tourner la page et à reprendre la main. Pourquoi ? A cause de vraies maladresses, de vraies tensions internes et, au fond, d'un vrai culte de l'impôt. Tout cela est injuste, dira-t-on : Nicolas Sarkozy a augmenté lui aussi les impôts en fin de mandat. Mais outre que c'est le dernier litre qui fait déborder la baignoire et pas le premier, c'est la bonne conscience affichée par le pouvoir qui, semble-t-il, irrite le plus.

Deuxième conséquence : ces cafouillages occultent de bonnes idées.

C'est le paradoxe. Le changement de pied, logique, sur la taxation rétroactive des contacts d'épargne, occupe ce matin le terrain. Pas de chance, ce matin, Pierre Moscovici dans les colonnes des Echos , annonce une réforme de l'assurance-vie intéressante. Il s’agit de créer un nouveau compartiment qui devrait plaire aux épargnants et aidera le financement des entreprises. De la même manière, l'écotaxe poids lourds est, quitte à surprendre certains auditeurs, une bonne idée dans son principe, au nom de l'écologie. De la même manière enfin, la réflexion sur la fiscalité des entreprises et l'excédent brut d'exploitation est utile et devra être menée un jour ou l'autre comme celle de la transformation du crédit d'impôt compétitivité en baisse de charges sociales. Mais à chaque fois, voilà, tout est mis par terre. Du gâchis.

Troisième conséquence : les risques de dérapages vers on ne sait quoi.

La météorologie sociale est encore plus risquée quand il s'agit d'un climat éruptif et de mouvements disparates que quand un mouvement est dirigé par des forces sociales et syndicales classiques. Avant d'utiliser le mot de jacqueries et de prévoir une contagion, il faut être prudent. On n'y est pas. Mais c'est en réalité aussi le gouvernement qui devrait être prudent. D'abord parce qu'il offre un visage déboussolé et girouette qui encourage les poujadismes. Vendredi, Bercy publie un communiqué pour défendre mordicus sa taxation des produits d'épargne. Samedi, Matignon annonce un premier recul. Dimanche, le ministre du Budget un deuxième. Tout cela en 48 heures ! Où sera le suivant ? Il doit être prudent ensuite parce que d'autres hausses d'impôts arrivent en 2014. Celle de la TVA et celle des cotisations retraite pour tous les salariés. Pause fiscale a rimé jusqu’à maintenant avec apothéose (gouvernementale) et pluviôse (pour certains contribuables). Il est plus que temps de lever les pouces avant que cela rime avec psychose (collective).

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