**Retour en France pour Nicolas Sarkozy, avec la présentation mercredi du projet de budget pour 2010.Oui, après une semaine extrêmement active sur le climat, sur l’Iran, au G20, c’est le retour en France. Hier soir, c’était la nomination d’un nouveau patron à la tête d’EDF, Henri Proglio. Demain, Nicolas Sarkozy présentera un plan jeune. Et donc après demain, ce sera le projet de loi de finances pour 2010. Mais cette fois, contrairement à ce qui s’était passé sur la taxe carbone, le président a accepté que François Fillon monte en première ligne pour confirmer les dernières décisions dans le Journal du Dimanche hier. Il faut dire aussi que les sujets budgétaires ont toujours fortemet ennuyé le chef de l’Etat, qui aime le mouvement, l’action, pas les histoires de comptes, de déficit, de dette. Et là, ceux qui aiment le spectaculaire sont servis. Plutôt ! Le budget prévoit que le déficit de l’Etat s’élèvera à 140 milliards d’euros cette année, trois fois ce qui était prévu il y a un an. Un petit calcul simple indique que 140 milliards d’euros, c’est presque la moitié des dépenses de l’Etat, qui s’élèvent pour ce qu’on appelle le budget général à 290 milliards. Très concrètement, cela signifie que la moitié des salaires des fonctionnaires, des investissements, des aides sociales, ne sont pas financées par des recettes, des impôts, mais à crédit. C’est comme si vous empruntiez chaque mois la moitié de ce que vous consommez. C’est sans précédent en temps de paix. La faute à la crise ?Pour l’essentiel, même si les mesures de relance ont pesé aussi. Toutes les recettes ont chuté. Par exemple, l’impôt sur les sociétés, en 2008, avait rapporté 50 milliards d’euros, cette année moins de la moitié. Deux remarques. Un : tous ceux qui ont répété pendant des mois que la France restait l’arme au pied sur la relance sont quand même démentis. Un déficit qui triple en un an, cela s’appelle de la relance. Et ils doivent choisir : on ne peut pas dire en janvier, la relance, la relance et aujourd’hui, la dette, la dette ! Deux : tous les pays en sont au même point. Le déficit public, cette fois avec la sécurité sociale, dépassera 8% du PIB. En Grande-Bretagne, ce sera 10%. Comment la pente peut-elle s’inverser ?Le gouvernement prévoit un déficit de 116 milliards en 2010. Ce sont les recettes qui reviendront un peu. En fait, deux difficultés nous attendent. La première, technique : si les taux d’intérêt très bas remontent, le coût de la dette, les intérêts, déjà supérieurs à l’IR, vont étrangler les finances publiques, les impôts devront augmenter, partout. La seconde difficulté est française. A la différence d’autres pays, la France n’a jamais résolu son problème de déficits, l’Etat dépense plus qu’il ne gagne depuis 1975, donc la pente va être longue, douloureuse. Et le grand emprunt ne va pas résoudre le problème. La dette, le problème majeur de l’après –crise ?Un de mes confrères britannique, The Economist fait tourner sur son site Internet un compteur qui calcule le niveau global de la dette des Etats dans le monde. Juste avant d’entrer dans le studio, elle s’élevait à 35 milliards 149 millions 333 mille dollars. Depuis le début de cette chronique, elle a augmenté de 16 millions d’euros, dont un million d’euros pour la France.**

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.