Les pays membres de l’ONU ont adopté vendredi des nouveaux objectifs de développement d’ici 2030.

Les Nations-Unies ont avalisé une série d’objectifs à atteindre pour la planète dans les quinze années qui viennent. Education, pauvreté, scolarité, environnement etc. : la liste est longue. Mais la question est, à mon avis, autant de savoir si les objectifs précédents ont été atteints, par exemple sur la diminution de la misère et de la faim dans le monde. Sujet essentiel, sujet existentiel. Mais hélas, pas un sujet qui passionne. Car depuis l’an 2000, tenez-vous, la presse écrite (je n'ai pas regardé les archives audiovisuelles) a consacré une centaine d’articles (pas plus !) au suivi de ces objectifs. 1.000 fois moins sans doute qu’aux bisbilles infantiles du PS ou des Républicains. C'est sidérant. Ce n'est pas à notre honneur. Alors sur le fond, où en est-on ? Des progrès considérables ont été accomplis ; mais on est encore loin du compte. Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par jour, est passé entre 1990 et aujourd'hui de 47% de la population des pays en développement à 14%. Impressionnant. La faim a diminué aussi. Et ayons à l’esprit que nous sommes bien plus nombreux. Sur la terre, il y a deux milliards d’individus depuis vingt-cinq ans et un milliard en moins dans la misère. Bref, la planète réussit à faire vivre (un peu) mieux et à nourrir davantage de monde. Ce n’était pas gagné d’avance.

Mais il y a des nuances à apporter.

La plus évidente, c’est que le recul de la misère doit beaucoup à la Chine. Le taux de pauvreté y a baissé de 94% ! En Afrique subsaharienne, on en est loin, les objectifs officiels n’ont tout simplement pas été atteints. Une personne sur quatre souffre encore de la faim. Cela reste un scandale. Donc, progrès, oui, objectifs mondiaux atteints oui, mais progrès inégaux. L’autre point discuté est l’indicateur des 1,25 dollar par jour fixé il y a dix ans ; est-il pertinent ? Dans quelques jours, il passera à près de deux dollars par jour. Les progrès seront encore là, mais ils seront moins nets.

L’ONU s’est fixé 17 nouveaux objectifs.

Et 169 cibles précises. Beaucoup d’experts des ONG estiment que c’est trop et qu’à viser trop large, on va noyer et rater les cibles les plus importantes.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.