Ce matin : sur les impôts, les deux paris du gouvernement pour 2018.

Ce qui frappe le plus dans sa copie budgétaire présentée hier, c’est qu’elle ne tourne pas autour du pot. ISF, CSG, taxe d’habitation, taxation des revenus du capital, sur les carburants et les tabacs : le gouvernement assume (c’est le mot de la semaine) ce qui est populaire et impopulaire, ce qui monte et ce qui baisse. Son avantage est que personne n’est pris par surprise : tout avait été annoncé dans la campagne électorale. Toute la question pour lui -et c’est son premier pari- est de savoir si l’opinion va retenir les seuls allégements pour les plus aisés ou si elle regarder aussi ce qui concerne M. et Madame tout le monde. Ce n’est pas gagné et il se bat comme un beau Diable pour remonter la pente : car dès juillet, le débat sur la taxe d’habitation est parti sur les retraités perdants plus que les gagnants, et les médias n’ont retenu de la bascule entre la baisse des cotisations sociales et la hausse de la CSG que la hausse de la CSG. Pourtant, cette bascule représente, concrètement, pour chacun des 20 millions de salariés du secteur privé, une hausse du revenu net au bas de la feuille de paie de 0,4% au 1er janvier prochain et encore de 1% supplémentaire en octobre prochain.

Le second pari concerne la fiscalité du capital...

Il y a deux sujets. La création d’une taxe à 30 % sur les revenus du capital ne devrait pas soulever le plus de tollé. C’est grosso modo le système que la France a longtemps eu. C’est en 2012 que François Hollande a instauré un système quasi confiscatoire avec une imposition jusqu’à 60 %, dissuadant les gros épargnants de prendre des risques. Bien sûr, l’ISF est bien plus polémique : il n’a pas été modifié depuis 1988. Le pari, en exonérant ce qui est non-immobilier, est de dynamiser la circulation des capitaux et que cela se verra sur l’économie. L’avantage, c’est qu’il y aura des témoins. Des fortunes reviendront-elles en France ? L’argent se dirigera-t-il moins vers les immeubles et plus vers les fonds propres des entreprises ? Certaines directions d’entreprise parfois fossilisées pour permettre aux mandataires sociaux familiaux d’être exonérés d’ISF vont-elles bouger ? Tout cela on le mesurera. Dans cinq ans, on aura la réponse à une question posée depuis trente ans : la fiscalité française a-t-elle joué un rôle dans nos déboires industriels ?

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