Alstom a annoncé ce week-end la signature d'un important contrat aux Etats-Unis. Est-ce enfin la revanche des TGV ?

C'est une étape, mais on est encore loin du compte – on va le voir. D'abord, ce contrat de livraison de 28 rames de TGV pour la ligne Washington-New York-Boston, ce contrat de près de deux milliards d'euros, c'est une excellente nouvelle pour Alstom. Alstom Transports, on rappelle que c'est ce qui reste d'Alstom après la cession de la branche énergie à General Electric. Si la quasi-totalité des trains seront construits dans les usines américaines de l'entreprise, ce sont bien ses commerciaux qui ont gagné. Et ce sont ses ingénieurs qui l'ont emporté avec une technologie qui permet aux trains de gagner 30 % de vitesse dans les virages en étant plus penchés sans danger.

Les Etats-Unis ont longtemps résisté au TGV…

C'est le pays de la route et des avions, la conquête de l'ouest en train, c'est loin. De fait, les infrastructures ferroviaires, là-bas, sont vétustes. Aujourd'hui, il faut rouler sept heures entre Washington et Boston pour 730 kms, c'est lent. Et Washington-New York, c'est trois heures pour 360 kms - c'est-à-dire une heure de plus que Paris-Lyon pour 100 kms de moins. Comme les voies ne sont pas adaptées, à court terme, le TGV américain ira beaucoup moins vite qu'en France, 260 kms/heure au maximum, et fera gagner seulement une demi-heure. Ce qui frémit, c'est que dans ce nord-est des Etats-Unis, il y a un vrai engouement pour le train depuis quelques années par rapport à l'avion. Le prochain appel d'offres aura lieu sur la côte ouest.

Donc, ça y est, le TGV décolle ?

Non, en trente ans, il ne s'est pas vraiment imposé en dehors du Japon, de la Corée, de l'Allemagne et de la Chine. Pourquoi ? C'est que le modèle économique est très très fragile. Les infrastructures de génie civil -ponts, tunnels etc.- sont très chères. Construire un km de voie TGV, c'est 26 millions d'euros ! C'est une technologie dont le coût ne baisse pas au fil des ans – contrairement à l'électronique, les énergies nouvelles. Donc il faut des subventions, donc les élus locaux veulent des gares partout, donc le TGV ralentit, donc ce n'est plus un TGV. Conclusion : Vous vous souvenez de la pub, « avec le TGV, prenez le temps d'aller vite ». Le concept du TGV a pris son temps, espérons qu'il va désormais vite le rattraper.

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