Ce matin : un commentaire économique sur les transferts hors de prix auxquels on assiste dans le football.

Oui, et ces transferts financièrement colossaux suscitent forcément une question : assiste-on à une bulle spéculative ? La question n’est pas, ici, celle de la décence, c’est celle du sens économique. Le PSG met sur la table dès maintenant 222 millions pour Neymar, à terme 180 millions pour Mbappé, 18 ans, mais c’est l’ensemble des grands clubs européens qui est saisi de la même frénésie : les 5 premiers clubs ont dépensé plusieurs milliards d’euros dans les rachats de joueurs. Comment l’expliquer ? En économie, les prix montent généralement, par exemple sur le marché de l’immobilier ou des actions, quand la demande est supérieure à l’offre et quand des acteurs économiques ont de l’argent disponible. Dans le football, il y a l’arrivée d’acteurs très riches, les qataris, les russes et on a de l’autre côté des droits télévisuels qui ont explosé. Des droits payés par des chaînes pour diffuser les matchs, en France Canal et Bein Sport, et des droits payés, de plus en plus, par des acteurs de télécoms, SFR pour en nommer un. A la fin des fins, ce sont les abonnements des téléspectateurs et téléphoniques qui grimpent. Tout cela est assez nouveau et donc, voilà pourquoi les prix montent à des sommets inédits.

Est-ce cela peut exploser ?

Non, si le football européen est en train de vivre ce qui est la règle dans le football américain, qui déplace des sommes d’argent bien plus astronomiques encore. Oui, si les clubs qui ont moins d’argent disent stop en utilisant la loi du fair play financier ou si les matchs sont décevants et si le public finit pas se dire qu’il paie -indirectement- cher. Donc, voilà un édito qui répond franchement : une bulle ? On ne sait pas. L’avantage, c'est que si cela éclate, le spectacle continuera pour ceux qui aiment ce sport. Vous remarquerez qu’on a pas, ici, ce matin, fait de parallèle entre les salaires incroyables du foot qui ne choquent personne et ceux des entrepreneurs qui soulèvent l’indignation -cela nous emmènerait loin sur ce qu’est un artiste. En revanche, on termine en remarquant que le football est curieusement à la fois le rêve du communisme puisque les salariés sont bien mieux payés que leurs employeurs, les responsables des clubs, et le paradis du capitalisme, avec une loi de l’offre et de la demande sans beaucoup de limite.

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