Ce matin, vous voulez répondre à des questions d’auditeurs sur la crise grecque… et notamment à celle-ci : la France est-elle menacée ?Oui, des auditeurs réagissent à ce que nous disons sur les difficultés de la mise en place du plan de sauvetage de la Grèce et sur les risques de contagion. Le Portugal est désormais entré dans la danse – si on peut dire. Et depuis hier, on parle de l’Espagne dont la notation a été “ dégradée ”. L’Italie n’est pas loin. D’où la question : si les dominos continuent de tomber, à quand le tour de la France, dont le déficit public n’a jamais été aussi élevé, et dont la dette dépasse les 1.500 milliards d’euros ? Un engrenage est-il possible, probable, inévitable ? Alors ?Regardons les faits. Et les faits sont qu’aujourd’hui en tous cas les marchés n’ont aucune inquiétude pour la dette française. Cela se voit sur ce que l’on appelle la prime de risque des emprunts, c’est-à-dire pour être concret par la différence de taux d’intérêt entre les obligations allemandes à dix ans et les autres. Pardon pour les chiffres : pour la Grèce, cette prime était hier soir de 700 points (un taux grec de 10% contre un taux allemand de 3% - 7% d’écart). Pour le Portugal, cette prime était de 300 points, pour l’Espagne de 200 points. Et pour la France ? De 30 points. Cela monte un peu mais c’est à peine plus que pour l’Allemagne. Donc, pas de risque aujourd’hui. Pourquoi cette confiance ?Il y a ce que les experts appellent une “ fuite vers la qualité ”. Les investisseurs ont besoin de placer leur argent, s’ils quittent des pays, ils se reportent vers d’autres. Il y a le fait que peu de pays peuvent se vanter d’avoir une note triple A stable par les agences de notation : l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Finlande …. et la France. Pourquoi cela ? Les pays en difficulté ont tous des déficits publics à deux chiffres ou presque (au-dessus de 10%) et certains comme la Grèce ont une dette à trois chiffres. La France n’est ni dans un cas ni dans l’autre. Elle a une autre particularité (hélas diront certains) : les impôts rentrent bien et sont très contrôlés… C’est le constat aujourd’hui. Peut-il changer ?Vaste question. A priori non, ne serait-ce que parce que les prévisions de croissance ne sont pas mauvaises pour la France. Mais qui sait ? Ce qui est certain, c’est que les marchés – il serait préférable de se passer d’eux mais s’endetter c’est se remettre entre leurs mains - sont attentifs aux efforts de réduction des déficits – peu importe que cela passe par la croissance, par des économies ou par des hausses d’impôt. La réforme des retraites constitue aussi un élément pour envoyer ce signal visible – pour l’entourage de Nicolas Sarkozy, c’est un argument de plus pour remonter l’âge légal de la retraite. Mais ce qui est certain aussi, c’est que la dette et son coût annuel sont considérables et que la France n’a jamais su les diminuer. Donc, le risque de contagion à la France, c’est une idée reçue ?Ce n’est pas : “ tout va bien madame la marquise ” ! Mais si vous voulez une vraie idée reçue, en voici une : la crise grecque, entend-on, fait chuter l’euro (ce qui réjouit tout le monde) – à 1,31 dollar hier soir. En réalité, ce qui est surprenant, c’est qu’il ne baisse pas plus. Cela veut dire que la zone euro est fragilisée mais que l’euro reste une monnaie solide.

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