Arnaud Le Gal, des Echos .

Vous nous parlez du Grand Paris dont un projet clé prend du retard. Et ce n’est pas bon pour la candidature de Paris aux JO…

C’est une histoire de mauvais sondages. Mais pas politiques, géologiques. Ils augurent d’une réalisation plus complexe que prévu pour la future ligne 15 du métro Grand Paris Express, en l’occurrence sa partie sud. Chantier emblématique puisqu’avec ses 200 kilomètres, cette ligne de rocade doublera le réseau actuel… Pour la bagatelle de 33 milliards d’euros.

La fautive ? L’argile verte. Les sondages réalisés dans le sud de l’Ile-de-France en ont révélé des bancs qui vont imposer de creuser plus profond pour les tunnels prévus… Il y en a 33 kilomètres. Comptez cinq mois d’études supplémentaires, quatre autres pour les achats non prévus, 15 encore pour les travaux reformatés. Total, 24 mois. Deux ans. Cette partie de la ligne devait ouvrir à l’été 2020, on parle désormais de fin 2022, selon l’avant-projet que vient de transmettre la SGP, la Société du Grand Paris, au Syndicat des transports d’Ile-de-France.

Et comment cela nous amène-t-il à la candidature de Paris pour les Jeux de 2024 ?

Avec ce retard, le calendrier de ces infrastructures de transport auquel on sait le CIO toujours attentif, devient très tendu. Certes, « deux ans de plus pour un chantier qui va dessiner l’Ile-de-France pour les cinquante prochaines années n’est ni anormal, ni scandaleux », plaide un expert. Petit souci : d’autres sources jugent déjà cette perspective d’un achèvement en 2022 optimiste. Sans aller jusque- là, le président du directoire de la SGP a néanmoins reconnu que « les équipements nécessaires pour les JO de 2024 devraient entrer en service juste à temps » et même lâché « nous serons plus à l’aise pour l’exposition universelle de 2025 »… On pourrait rêver meilleure nouvelle, si vite après l’officialisation de la candidature de Paris, et au moment où le gouvernement cherche à faire monter des investisseurs étrangers, donc des fonds souverains, dans le train du Grand Paris.

Où en est-elle, cette recherche de financements à l’international ?

Manuel Valls lui a fait passer la surmultipliée en comité interministériel le 14 avril où il a ouvert les portes du Grand Paris aux fonds souverain. Ils ne seront pas de trop : le super-métro servira de ligne de force à toute une recomposition du paysage : construction de logements, écoles, installations sportives, salles de spectacle, commerces… Des dizaines de milliards d’euros d’investissement. Business France et la Caisse des dépôts sont mobilisés, le premier pour recenser les projets attractifs, la seconde pour concevoir des véhicules financiers ad hoc. Et l’on prospecte, sans excès de publicité.

Une délégation de l’association de grandes entreprises Paris-Île de France Capitale Economique a ainsi récemment fait bon nombre d’heures d’avion pour répondre aux questions de fonds souverains, banques et investisseurs privés. Où ? A Abu Dhabi, à Mascate, au sultanat d’Oman. Sans oublier -serez-vous surpris ?- Doha au Qatar.

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