Le gouvernement se creuse les méninges pour inciter les Français à partir plus tard à la retraite, sans toucher à l’âge légal de 62 ans…

Oui et je peux vous assurer que les débats sont vifs dans les cabinets ministériels. Où l’on cherche la mesure magique, celle qui serait efficace sans agiter le chiffon rouge devant les syndicats. Alors pourquoi cette fébrilité ? Parce que le gouvernement a fait travailler moult experts et que ceux-ci sont formels : dans le futur système par points, les Français risquent de partir beaucoup plus tôt qu’aujourd’hui. Car il n’y aura plus de durée minimum de cotisation pour avoir ce qu’on appelle une retraite à taux plein. Aujourd’hui, si vous n’avez pas tous vos trimestres, vous subissez une décote. C’est très dissuasif, et très bien intégré par les Français. Demain, à 62 ans, vous serez libres de partir avec vos points accumulés. Au risque de voir le système de retraite basculer brutalement dans le rouge.

Mais ce risque avait déjà été identifié…

Bien sûr, sauf que Jean-Paul Delevoye, le Haut commissaire aux retraites, ne voulait pas entendre parler des solutions de Matignon par crainte de voir les syndicats claquer la porte de la concertation. Pas question de toucher à l’âge légal de 62 ans. Exit aussi l’idée d’un âge pivot, à 64 ans, avant lequel une décote serait appliquée. Le gouvernement a donc louvoyé pendant des semaines, évoquant ce mystérieux slogan du « travailler plus ». A l’arrivée, pas de fin des 35 heures, pas de jour férié en moins, et pas de remise en cause des 62 ans. Alors tout ça pour ça ? Pas tout à fait, car le principe d’un report de l’âge effectif du départ à la retraite a été acté. Et personne n’a claqué la porte après les annonces du chef de l’Etat.

Et quelles seront précisément les modalités de départ ?

Alors il reste deux options sur la table. Soit l’instauration de ce fameux âge pivot. On a la liberté de partir dès 62 ans mais avec une pénalité jusqu’à 64 ans, et un bonus au-delà. C’est efficace, mais politiquement très sensible : l’opinion peut retenir que la promesse des 62 ans n’est pas vraiment tenue.

D’où l’autre option, qui serait de garder une durée de cotisation minimum. On ne serait plus dans un régime par points pur et parfait, mais les Français ont l’habitude de ce système. Qui plus est, cette durée de cotisation doit passer de 41 ans et demi aujourd’hui à 43 ans, et le calendrier serait accéléré pour faire des économies tout de suite. Ce n’est pas la mesure magique, mais elle présente tout de même bien des avantages.

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