Par Etienne Lefebvre.

Ce sont les maires qui vont désormais fixer le tarif des amendes. Quelles sont les implications économiques de cette réforme ?   

Elles sont d’abord budgétaires, car les grandes villes, sous pression financières, misent sur de grosses recettes. Et les contrevenants vont vite sentir la différence. Jusque-là, l’amende ne pouvait dépasser 17 euros, à Lyon ce sera désormais 60 euros et à Paris, 50 euros. Il faut dire que les deux-tiers des automobilistes snobent les horodateurs, ils sont même 90% dans la capitale, en faisant le calcul, souvent juste, qu’il est plus économique de payer une amende de temps en temps. Outre la visée budgétaire, les maires des plus grandes villes cherchent à restreindre la place de la voiture. Et éviter surtout les véhicules « ventouse », qui ne bougent pas pendant des jours.  

Mais ce ne sont pas les seuls objectifs des maires… 

Non en effet, il ne faut pas caricaturer cette réforme qui, en donnant la main aux élus locaux, les place devant leurs responsabilités. Beaucoup en profitent pour tout revoir : le périmètre payant, les tarifs, la durée autorisée, les livraisons. Avec la volonté de garder des centres-villes dynamiques face à la concurrence des supermarchés et de leurs parkings gratuits. A Beauvais, Verdun ou Arras, on restera ainsi à 17 euros d’amende. A Tours, le stationnement sera très peu cher les deux premières heures, pour encourager le commerce, mais la troisième coûtera 25 euros. Carpentras et Tourcoing annoncent carrément le retour à la gratuité. La relance des centres-villes, dans les villes moyennes, est un enjeu clef.  

A Paris, la réforme s’accompagne d’une privatisation du contrôle… 

Oui c’est la deuxième lame, et elle s’annonce redoutable. La mairie a choisi de déléguer la verbalisation à deux consortiums privés. Un bataillon de 460 contrôleurs va être déployé. Et ils seront forcément plus efficaces que les pervenches de la préfecture, qui ne mettaient que 15 PV par jour selon la Cour des comptes. L’objectif fixé par la ville : une place sur deux contrôlée quotidiennement. Avec en appui des agents, des véhicules flasheurs qui vont repérer les mauvais payeurs. Pour éviter trop de zèle, tout de même, les opérateurs ne seront pas rémunérés au nombre de PV, mais en fonction du taux de respect de paiement et du nombre limité de contentieux. Mais les automobilistes sont prévenus : Paris veut récupérer 300 millions d’euros, contre 80 aujourd’hui.

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