Pour Jean-Marc Vittori, non. Et c’est même devenu l’arbre qui cache la forêt. Il nous explique dans son édito éco.

Pôle emplo
Pôle emplo © Getty / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

En novembre, mois où nous avons été reconfinés, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a augmenté de 35 000. Mais dans le même temps, le nombre de salariés en activité partielle a augmenté de plus d’un million. Trente fois plus ! Pour l’instant, c’est cet indicateur qu’il faut regarder pour comprendre ce qui se passe dans les entreprises.

Alors, qu’est-ce qu’il nous dit, cet indicateur de l’activité partielle, et donc du chômage partiel ?

Il nous délivre trois messages. 

  • D’abord, les confinements ont un effet massif sur le marché du travail. 
  • Ensuite, le gouvernement a créé en mars dernier un outil à la fois formidablement efficace pour limiter la casse dans les entreprises et aussi formidablement coûteux – la facture pour 2020 se comptera en dizaines de milliards d’euros. 
  • Enfin, les employeurs ont largement adopté cet outil qui leur permet de garder leurs salariés, même en cas d’activité réduite ou suspendue, sans que ça leur revienne trop cher. De nombreux plans sociaux ont ainsi été évités.

A vous entendre, c’est un succès ?

C’est en tout cas la preuve que la France peut inventer rapidement de nouveaux outils utiles en s’inspirant d’exemples étrangers, l’Allemagne en l’occurrence. Elle l’a cependant fait avec son génie de la complexité administrative, avec trois lois, quatre ordonnances, douze décrets, des modulations selon le secteur et la région, de la rétroactivité, des prolongations, etc. 

Le vrai défi viendra plus tard, quand il va falloir débrancher peu à peu le dispositif, à la fois sans casser les entreprises et sans verser trop d’argent inutile. Et le tout à l’approche d’une élection présidentielle. Ca ne va pas être du gâteau.

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