Ce matin, vous commentez l’audit que l’entreprise Apple a réalisé sur les conditions de travail chez ses sous-traitants dans le monde.

Un audit intéressant qu’Apple publie pour la seconde année et qui a été divulgué juste avant ce week-end sur le site Internet américain de l’entreprise, pas encore sur le site français. Vous savez qu’Apple est souvent mis en cause parce que des reportages, des enquêtes d’associations, ont mis en évidence des conditions de travail très difficiles, parfois dramatiques, chez ses sous-traitants d’Asie, notamment en Chine chez le géant taïwanais Foxconn. Il y a des émeutes, dont on parle de temps en temps. Sous pression, la firme à la pomme a dû élaborer un code de conduite. Le rapport 2013, d’une quarantaine de pages, affirme que l’entreprise a mené environ 400 audits dans des sociétés employant un million et demi de personnes fabricant ses Ipods, Iphones et Ipads.

Et qu’y apprend-on, Dominique ?

On peut retenir deux éléments précis. Le premier concerne le temps de travail. Le plafond fixé par Apple à ses sous-traitants, c’est 60 heures par semaine, avec un jour de repos minimum – ce qui fait, si on calcule bien, dix heures par jour de travail ou douze heures sur cinq jours. Ce plafond peut être dépassé sur une base volontaire au moment de pics de production. Selon Apple, la proportion de salariés travaillant plus de 60 heures par semaine est passée de 22% en janvier dernier à 8% en décembre. La moyenne, et c’est le chiffre que l’on peut retenir je crois, serait aux alentours, juste en dessous, de 50 heures.

Et la seconde donnée ?

Apple indique, et c’est d’ailleurs l’information reprise par les agences de presse, avoir cessé toutes relations avec un fournisseur chinois, Guangdong Real Faith Pingzhou Electronics, qui faisait travailler soixante-quatorze enfants de moins de 16 ans. Il y a d’autres exemples qu’on peut aller voir sur l’audit publié sur le site d’Apple, sous l’onglet « responsabilité sociale vis-à-vis des fournisseurs ».

Quel enseignement peut-on tirer de cet audit ?

La tentation est de se dire que tout cela, cette communication, c’est de l’intox plus que de l’info. Qu’Apple en dit un peu, le minimum etc etc. En réalité, je crois que, même ténu, c’est un début et que cela met en évidence deux choses. Un : la difficulté incroyable que peuvent avoir les journalistes, les organisations humanitaires comme China Labour Watch, à aller voir sur place, à entrer dans les usines en Chine. C’est inacceptable. Deux : ce pays, la Chine, est pris entre deux feux. La pression à la hausse des salaires, réelle. La crainte de voir les entreprises comme Apple délocaliser au Bangladesh, au Vietnam et au Laos.

C’est donc Apple qui a la main, la responsabilité ?

Apple, sûrement mais aussi ses clients ! Apple, dont la rapidité de la croissance est sans équivalent depuis un demi-siècle. Son chiffre d’affaires a augmenté de 45% en cinq ans. Si ce rythme continuait, calculait un analyste hier, les ventes d’Apple dépasseraient en 2020 le PIB de la France ! Ce ne sera pas le cas, mais Apple pèsera sûrement plus que beaucoup d’Etats dans le monde.

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Le blog de Dominique Seux

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