La question est plus exactement : le tourisme étranger en France peut-il sauver notre économie ? En plein débats sur la désindustrialisation, le chômage et les impôts, on a pensé à cela en tombant hier sur le bilan annuel mondial du tourisme. Selon ce bilan, les données qui viennent d’être publiées, 1,087 milliard de personnes ont franchi les frontières de leur pays l’an dernier pour aller en visiter un autre. C’est un chiffre qui grimpe chaque année, qui a doublé en quinze ans et cela va continuer. Comme on sait que la France reste la première destination mondiale des touristes, on se dit facilement qu’il y a là une planche de salut à travailler ou, pour dire autrement, une part de gâteau à faire grandir. C’est ce que fait l’Espagne par exemple.Mais quelle est la taille de la part de gâteau, que pèse le tourisme dans notre économie ? Réponse : suffisamment pour que cela compte, mais pas assez pour croire au miracle. La France a accueilli probablement autour de 85-90 millions de touristes étrangers l’an dernier - on le saura bientôt -, qui ont passé au moins une nuit sur notre sol. Deux millions d’emplois en dépendent directement ou indirectement. Ces touristes anglais, allemands, américains, brésiliens, chinois etc. ont fait tomber une quarantaine de milliards d’euros dans les poches des professionnels. Cela n’est pas rien : en 2013 par exemple, les Brésiliens ont envahi les hôtels de luxe à Paris et cette année, 2014, on espère deux millions de touristes chinois fascinés par notre romantisme. Tout cela n’est pas rien, même si au final, tout cela ne représente que quelque pourcents de PIB. Mais voilà quelques défis nous attendent. Un : les étrangers qui viennent chez nous dépensent moins que quand ils vont à New York ou à Londres. Deux : la concurrence avec d’autres destinations est vive, forte, et de plus en plus. Donc, oui, les prévisions sont a priori roses quand on regarde l’avenir. Mais il faut, là aussi, rester sur ses gardes.Quelles adaptations sont nécessaires ? Dans ce domaine du tourisme comme dans d’autres, la qualité de l’offre doit être surveillée de près ! Peut-être faudrait-il proposer systématiquement aux touristes l’accès à la Nouvelle Star d’André Manoukian ! Plus sérieusement, la faible ouverture des commerces en soirée et le week-end reste un problème, comme notre niveau, collectivement, en langues étrangères. Et on doit, il faut, mentionner la déplorable liaison entre l’aéroport de Roissy et Paris, liaison qui est tout sauf rapide et confortable et dont on parle depuis trente ans. Ni la Région Ile-de-France ni la Ville de Paris ne sont motivées et les ministres qui passent s’en moquent comme de leur première voiture de fonction. Un scandale.Le tourisme, Dominique, c’est quand même une clé pour s’en sortir ? Un secrétaire perpétuel de l’Académie française aujourd’hui décédé avait dit un jour : « le tourisme est l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux vers des endroits qui seraient mieux sans eux ». Bon, mais cette pensée on va peut-être la garder pour nous… !

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