Le groupe Renault a choisi hier son nouveau directeur général, Luca de Meo, un Italien. À l'instar d'Axa, Air France, Sanofi, PSA, c'est un dirigeant étranger qui a été choisi. Alors est-ce une règle ? De quoi cela est-il le signe ?

Luca De Meo en 2019 lors d'une conférence sur la micromobilité urbaine
Luca De Meo en 2019 lors d'une conférence sur la micromobilité urbaine © Getty / Europa Press News

Il dirigeait jusqu’à maintenant Seat, la filiale espagnole de Volkswagen, c’est parait-il le roi du marketing automobile, et il secondera le président de Renault-Nissan, Jean-Dominique Senard. Il arrive dans un groupe traumatisé par l’affaire Ghosn et qui ne va pas très bien. 

Mais au-delà, un point peut frapper les esprits je crois : la plupart des dirigeants nommés à des postes très opérationnels à la tête de très grandes entreprises françaises ces dernières années sont de nationalité étrangère. 

Faut-il être de nationalité étrangère pour diriger un grand groupe du CAC 40 ? 

Donc, l'Italien Luca de Meo chez Renault, l’Allemand Thomas Buberl chez Axa, le Canadien Ben Smith chez Air France, le Britannique Paul Hudson chez Sanofi et le Portugais Carlos Tavares chez PSA. Bon, ce n’est pas totalement nouveau : le Gallois Lindsay Owen-Jones a dirigé L’Oréal pendant vingt-cinq ans et Carlos Ghosn est d’abord libanais et brésilien. Ce n'est pas nouveau, mais le mouvement est plus large. 

Alors, de quoi est-il le signe ? De plusieurs choses. 

La mondialisation certainement, conseils d’administration et chasseurs de tête vont chercher partout les meilleurs talents pour conduire des entreprises qui réalisent l’essentiel de leur activité dans le monde entier. 

Ensuite, plus intéressant, c’est le déclin du monopole des grands corps parfois endogames pour diriger les entreprises : X Mines (c’est Polytechnique) -ENA Inspection des Finances. 

Enfin, la faillite de quelques sociétés, le tristement fameux triple A, Alcatel Alstom Areva, ces faillites ont donné envie de regarder ailleurs et de privilégier la compétition des compétences plutôt que les parachutages. Bref, c’est un tournant. 

Est-ce un bon tournant ? 

Il est inéluctable, il touche tous les secteurs d’activité, la culture, le sport (qu'on pense au foot !) etc. D'ailleurs, des Français dirigent aussi des groupes mondiaux. 

Le saviez-vous ? 

Le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca et le Japonais Takeda, les groupes financiers Crédit Suisse et Generali. C’est même un Français qui a été aux manettes de la Bourse de Londres. Ce n’est donc ni bon ni mauvais. 

À condition que ces nominations de profils étrangers ne deviennent pas la règle : cela priverait de perspective les équipes tricolores des entreprises. C’est surtout aux conseils d’administration de veiller à ce que ces entreprises françaises gardent une nationalité : un lien privilégié et une volonté de discrimination positive envers leur pays d’origine, quelle que soit la nationalité de leur dirigeant, qui n’a au fond qu’un CDD.

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