La folie Pokémon GO a gagné la France. Pourtant, l’inventeur du jeu, le japonais Nintendo, chute en bourse. Y-a-t-il déjà des doutes sur ses retombées économiques ?

Rassemblement de joueurs à Tokyo
Rassemblement de joueurs à Tokyo © Maxppp / KIMIMASA MAYAMA

Depuis une semaine, la folie Pokémon GO a gagné la France. Pourtant, l’inventeur des Pokémon, le japonais Nintendo, chute en bourse. Y-a-t-il déjà des doutes sur les retombées économiques ?

Il y a en tout cas des grosses interrogations sur l’ampleur de ces retombées, et sur leur pérennité. Pokémon GO c’est « le » tube de l’été, en tête de toutes les applications téléchargées. Et vous n’avez pas fini de croiser dans la rue des chasseurs de Carapuce, Piafabec et autres Rattata, ces monstres colorés qui donnent aussi le tournis à la Bourse. Le lancement du jeu au début du mois a été un tel succès que l’action Nintendo a doublé en quelques jours. Mais il a suffi d’un commentaire prudent du groupe japonais sur les gains escomptés pour que la sanction soit immédiate : le titre a plongé de 25% cette semaine. Alors pourquoi ce doute soudain? D’abord, parce que Nintendo n’est pas le seul bénéficiaire des retombées : l’application a été développée par une start-up californienne. Et Google et Apple prélèvent une partie des ventes. Et puis surtout, il est impossible de savoir quels revenus vont générer les Pikachu et consorts : le jeu est gratuit, ce sont les achats de contenus additionnels qui feront la différence. Or, sur le mobile, en moyenne, seulement 2% des joueurs mettent la main à la poche.

Comment l’entreprise se rémunère-t-elle concrètement ? Le modèle est double. Il y a les revenus directs: les joueurs achètent des accessoires, qui donnent par exemple des pouvoirs spéciaux. Vous les payez avec des Poképièces, une monnaie virtuelle mais qui, à l’arrivée, génère des revenus biens réels. D’autant qu’avec l’effet de compétition, la part de joueurs acceptant de payer pourrait être plus importante qu’à l’accoutumée. Et puis il y a les revenus indirects, plus originaux : des magasins, des restaurants, voire des monuments qui vont payer pour devenir des Pokéstops, c’est-à-dire des lieux de prédilection pour chasser les créatures virtuelles. Pour certains analystes, au final, le chiffre d’affaires global devrait facilement dépasser le milliard de dollars.

Mais est-ce que tout cela peut durer ? C’est le plus gros défi. Est-ce que le tube de l’été va passer l’hiver ? Les éditeurs de grands succès, comme King avec son fameux Candy Crush ont tous vu leurs revenus décroître très vite, à mesure que leur hit vieillissait. La force des Pokémon, c’est qu’ils ont traversé les époques depuis 20 ans, avec sans cesse de nouvelles déclinaisons. Ils peuvent durer. Mais attention, d’autres acteurs préparent déjà des jeux concurrents, utilisant eux aussi ce qu’on appelle la réalité augmentée. La chasse aux profits est lancée.

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