Christine Lagarde a donc été nommée hier directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI). Est-ce que c’est une bonne nouvelle pour la France ?Non, pas une bonne nouvelle, une excellente nouvelle ! Il y a deux mois, personne ne pariait un centime d’euro ou un cent américain sur elle pour succéder au pied levé à DSK. Une Française, pensez donc ! Cette victoire, elle la doit donc à elle-même et à son habileté –elle a par exemple promis à la Chine un des postes de directeur général adjoint. Est-ce une bonne nouvelle pour la France ? L’influence d’un pays ne se mesure pas à ses sièges : l’Allemagne n’en a pas besoin pour exister. Mais cette élection honore Paris, qui depuis 1946, aura « fourni » 5 des 11 patrons du FMI. Surtout, elle intervient au moment où Jean-Claude Trichet quitte la BCE et où le mandat de Pascal Lamy à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est plus prêt de la fin que du début. La Banque mondiale est dirigée par un Américain, la Commission européenne par le Portugais Barroso, le Bureau international du Travail par le Chilien Somavia, l’ONU par le Coréen Ban Ki-Moon. Comme la vie économique internationale, ce ne sont pas les Bisounours, une française au FMI est une nouvelle positive.- Encore faut-il savoir quelle politique elle va mener...C’est une vraie question. Au FMI, cette fois, ce sera à elle de plonger dans la piscine et de fixer le cap. Lequel ? Il ne sera pas révolutionnaire. Elle est moins keynésienne que Dominique Strauss-Kahn, c’est une libérale « tempérée », moins « ultra-libérale » que son concurrent mexicain. Mais elle s’impliquera à fond dans le dossier grec, qu’elle connaît par cœur. En réalité, il va falloir trancher vite un débat. Les pays émergents trouvent que le FMI dépense trop d’argent pour la Grèce –ce qui est vrai, bien de pays du Sud ont besoin d’être soutenus. Les Américains, eux, sont peu favorables à la participation du secteur privé. D’où, ces derniers temps, un durcissement dans le discours du FMI. Christine Lagarde devra caler la ligne – sans en faire trop pour l’Europe. Une réunion est prévue à Washington en fin de semaine prochaine. - A travers elle, ce sont les femmes qui remportent aussi une victoire ?C’est la première femme à la tête d’une institution internationale (sauf l’Organisation mondiale de la Santé). Plus largement, où en est-on sur les postes à grande responsabilité ? Des femmes chefs d’Etat ou de gouvernement, il y en a eu (Margaret Thatcher, Michelle Bachelet) et il y en a encore (Angela Merkel). Des femmes à la tête des syndicats (Nicole Notat) ou du patronat (Laurence Parisot), il y en a eu et il y en a. Du côté des entreprises, en revanche, le bilan est médiocre. Aux Etats-Unis, elles dirigent PepsiCo, Yahoo ou Xerox. Mais aucune entreprise automobile ni aucune grande banque dans le monde –peut-être des secteurs machos ?-. La France, dans ce domaine, il faut le dire, n’est pas un exemple. Aucune entreprise du CAC 40 n’est conduite par une femme. Il y a quatre étrangers, pas de femme !- Et dans les médias ?Plus de la moitié des journalistes sont des journalistes (femmes). Mais reconnaissons aussi, pour être honnête, que la quasi-totalité des éditorialistes économiques (et politiques d’ailleurs) des radios sont encore des hommes !

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