Muriel Pénicaud a donc présenté les premières conclusions de ses concertations sur le code du travail.

C’était hier et porter un jugement sur la façon dont est reçu ce texte d’habilitation à prendre des ordonnances n’est pas simple. Prédire le climat social est à peu près aussi crédible que de lancer en l’air une pièce de monnaie en pariant qu’elle retombe sur la tranche, et le contenu des discussions entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est parfois d’une complexité à faire paraître, par comparaison, les formules de Cédric Villani pour des équations d’école primaire. Le commentateur le reconnaît humblement et avoue ici son admiration pour les journalistes sociaux qui suivent cela jour après jour. Cela étant, il se passe quelque chose d’étonnant, c’est que cela se passe plutôt bien. Personne n’a claqué la porte, la France n’est pas à l’arrêt, tandis que le projet gouvernemental n’est pas vide. Il y a du grain à moudre. Un exemple laisse stupéfait. Jean-Claude Mailly, le patron de FO, qui a défilé dans les rues en 2016 contre le plafonnement des indemnités prud’homales, Mailly dit dans Le Monde que non, ce n’est plus un casus belli. On se pince ou il y a quelque chose qui nous échappe. Cela doit être cela.

Pour savoir où on en est, le mieux est d’écouter les réactions.

Le camp patronal souhaite négocier au plus près des entreprises, et les questions des prud’hommes et des simplifications des instances de représentation lui mettent l’eau à la bouche. Subtilement, Muriel Pénicaud a rajouté un peu de miel pour les PME – ce qui n’était pas prévu. Côté syndical, il y a des points qui intéressent la CFDT, comme le renforcement de la présence des salariés dans les conseils d’administration des entreprises. FO, maintenant. FO est flattée que le rôle des branches soit mieux reconnu qu’il y a trois semaines. Mais son attitude vient surtout de l’expérience de la loi El Khomri : défiler avec la CGT ne lui a rien rapporté, la CGT a ramassé la mise. Quant à la CGT enfin, elle craint d’être débordée par Jean-Luc Mélenchon et mobilise déjà. Au total, que retenir ? L’éditorialiste prudent doit conclure à ce stade : « pour l’instant, tout va bien, pour l’instant ». Mais on a plutôt envie de dire : l’important n’est pas que cela se passe bien mais que cette réforme soit vraiment efficace sur l’emploi.

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