Emmanuel Macron annoncera aujourd'hui ce qu'il compte faire des idées de la convention climat après la vague verte aux municipales : il devrait être "maximaliste", assure son entourage, avec un référendum, mais ne croit pas au "mode de vie Amish".

Le président recevra les 150 citoyens qui ont planché sur les moyens de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) – c’était ce qui leur avait été demandé. Le moment est choisi : au lendemain des victoires des Verts à Lyon, Marseille (peut-être), Bordeaux, Strasbourg, Besançon etc. 

Emmanuel Macron avait indiqué qu’il reprendra (je le cite) sans filtre les idées des 150, il les félicitera de leur travail et se montrera ouvert à d’autres conventions. Sur la forme, il ne sera donc pas le pied sur le frein. 

Sur le fond, il annoncera lesquelles des idées de la convention feront l’objet de décrets et de projets de loi, et il devrait annoncer un référendum – on verra s’il est en bonne et due forme ou une sorte de votation-citoyenne à la suisse. Si on devait prendre des paris : la rénovation des logements, la publicité et l'implantation des centres commerciaux hors des villes ....

La rénovation énergétique et les transports seront au cœur de ce plan

Pour autant, Emmanuel Macron ne donnera pas un grand virage à sa politique, notamment économique. L’abandon de l’objectif de la croissance ou la décroissance ne sont pas au programme. Devant ses proches, il le dit : je ne crois pas au mode de vie Amish, du nom de la communauté religieuse qui mène une vie austère de fermiers aux Etats-Unis, on connaît les images d’eux à cheval. Et il ajoute : les Amish n’ont pas inventé l’I-phone, et on a besoin de l’innovation technologique pour lutter contre le réchauffement climatique.

Il y a de quoi piocher dans les idées de la convention ?

Oui, elles ont été caricaturées, et son rejet de la taxe carbone est probablement fidèle à ce que pensent les Français dans leur ensemble : la lutte pour le climat passera par les normes et les règles plus que par les impôts. Mais oui, il est possible, je le crois, de trouver un chemin pour dire oui à la décarbonation de l’économie et non à la décroissance.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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