Le titre de votre chronique : cette confiance qui ne revient pas.

C’est le problème majeur de François Hollande en cette fin de printemps décidément pourrie. Il a beau guetter l’horizon, scruter le ciel et la mer, ajuster la ligne, changer de pied, cacher les couacs, la confiance ne revient pas. C’est la météo économique qui le dit. Hier, l’Insee a révélé que le moral des ménages avait encore perdu quatre points pour rejoindre son plus bas historique de 2008. On a appris aussi que les promoteurs immobiliers ont 100.000 logements neufs sur les bras, comme en 2008 : personne ne veut acheter.

Bon, qu’est-ce qui ne va pas ?

Il y a les raisons tangibles, le pouvoir d’achat qui baisse, le chômage qui grimpe, l’environnement international, peut-être même la météo tout court. Mais il y a également le moral, ce qui est impalpable, les acteurs économiques qui se méfient, qui n’y croient pas, qui du coup n’achètent pas, épargnent, n’investissent pas, n’embauchent pas. La croissance, c’est un cocktail de rationnel et d’irrationnel. Le patron d’une banque publique estime que le moral à zéro actuel fait perdre de un à deux points de croissance.

Quelle stratégie a le gouvernement pour changer cela ?

Dans les allées du pouvoir, on reconnaît qu’il y a eu au début un excès de confiance et un déni de la dureté de la situation. D’où une politique à la hussarde sur les impôts, sur les entreprises. Cela n’a pas marché et le discours officieux a changé. Quel est-il ? On envoie balader les technocrates de Bruxelles et la question des déficits, on reprend les rênes ; les impôts c’est fini, on sera sérieux sur les dépenses publiques, on aime les entreprises ; les réformes faites, sur l’emploi ou les charges des entreprises finiront par payer…

Plus un changement de ton récent sur l’Allemagne…

C’est le plus spectaculaire et tant mieux. Il y a eu l’hommage à Schroeder, il y a un plan franco-allemand sur l’emploi des jeunes, il y aura une visite de Hollande aujourd’hui à l’usine Bosch de Rodez, où les salariés ont sacrifié RTT et augmentations. Le gouvernement a fini par comprendre que critiquer sans cesse un pays dont tout le monde voit qu’il réussit n’est pas crédible.

« Crédible », justement, est-ce que le nouveau discours du gouvernement est crédible pour ramener la confiance ?

Pas sûr. Il dit : les hausses d’impôt c’est fini ; mais sur la famille, François Hollande avait annoncé à la télévision le plafonnement des allocations familiales ; en fait ce sera peut-être une réforme du quotient familial. La TVA va aussi augmenter. D’ici l’été, il y aura encore une réforme des retraites, la quatrième en dix ans. Les politiques sont sadiques ! Au-delà, les Français sentent qu’il faut aller plus loin que les petites réformes déjà faites, comme le disent la Cour des comptes, la Banque de France etc. Au fond, pour restaurer la confiance, le gouvernement voudrait convaincre qu’après avoir semé il va bientôt récolter la moisson de son action ; mais il y a aussi une part en lui qui attend que les choses aillent mieux toutes seules, bref il attend la mousson après la sécheresse.

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