Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, va détailler aujourd’hui l’opération marketing qui va le conduire à rebaptiser « InOui » les TGV.

Oui et ce qui devait être une opération classique et banale de marketing a déclenché ce week-end tant de commentaires que Guillaume Pépy, à 14 heures Gare Montparnasse, va être dans une posture plus défensive qu’offensive. Si le buzz est réussi, depuis trois jours, les réseaux sociaux et des experts de tous poils, se sont précipités pour dénoncer la disparition de la marque TGV, 40 ans après son lancement, pour la remplacer par « In-Oui » - InOui, le jeu de mot n’échappe à personne. En réalité, InOui veut donner de la visibilité à des services premium (en commençant sur Paris-Bordeaux), tout comme Ouigo est la marque TGV lowcost, Ouibus la marque des cars etc et le sigle TGV ne disparaîtra d’ailleurs pas des rames. Mais le bruit créé montre notre attachement -ou le conservatisme- à un grand nombre de marques phares ancrées dans notre imaginaire. Le TGV est devenu, comme le Frigidaire, les Tupperware, les Lego, le Concorde, les Airbus, un objet qui a dépassé son sens d’origine. Quand la marque SFR est enterrée au profit d’Altice, cela ne fait pas de vague, le TGV c’est autre chose. Faut-il pour autant être frileux ? L’Eurostar, entre Paris et Londres, n’est plus siglé TGV, il existe par lui-même, tout comme le Thalys entre Paris et Amsterdam.

Le pari devra tout de même être gagné.

L’objectif est de clarifier les offres -on dit segmenter- pour attirer des nouveaux clients avant l’ouverture à la concurrence prévue en 2020 dans un contexte où le TGV est un gouffre financier. L’idée, c’est d’offrir un niveau de services (low cost, haut de gamme, normal) plutôt qu’un objet -une rame TGV. La promesse, c’est du wifi (honnêtement on est en retard), de nouveaux services personnalisés, plus de place pour chaque passager avec de nouvelles rames, etc (donc plus cher). Naturellement, le risque est qu’à la moindre défaillance, des pannes, des retards, des grèves, le mot inouï se retourne contre la SNCF – et sur les réseaux sociaux qui déploient pas mal d’humour grinçant depuis trois jours. Mais une autre question est plus lourde : tout cela apportera-t-il plus de simplicité (ce que souhaitent les clients désormais) ou davantage de complexité ?

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