Ce matin, une question simple après la mort de Serge Dassault : qui lui succède à la tête de son groupe ?

La réponse est simple à court terme, le successeur avait été désigné il y a quatre ans : ce n’est pas un Dassault, c’est un fidèle parmi les fidèles, Charles Edelstenne, qui prend la tête du groupe familial. C’est lui, à 80 ans, qui va devoir gérer et arbitrer la succession entre les quatre enfants, (on connaît surtout Olivier et Laurent), et les quatorze petits-enfants. 

Le problème est que Serge Dassault ne jugeait aucun de ses enfants capable de reprendre le groupe, rééditant 40 ans après ce que son père pensait de lui. Groupe qui comprend Dassault Aviation avec les Rafale et les Falcon, contrôlé à 62 %, mais aussi  Dassault Systèmes, un superbe géant des logiciels qui emploie 16.000 ingénieurs. Dassault est aussi le premier actionnaire de Thalès. 

Cela étant, il n’y a pas urgence, les entités sont dirigées par des personnalités respectées dans leur secteur et aucune OPA hostile ni étrangère ne peut être déclenchée : Serge Dassault a donné à l’État un droit de préemption négocié avec François Hollande (mais oui) en 2014.

Serge Dassault a-t-il bien géré l’héritage de son père, Marcel ?

Il a longtemps eu une réputation médiocre, à tort. On peut diviser les héritiers en trois catégories: ceux qui coulent l’entreprise, ceux qui la transforment et ceux qui sont au milieu, qui la font grandir. Il appartient à cette 3ème catégorie : il a multiplié par dix la valeur de son groupe et c’était la 4ème fortune française (22 milliards d’euros). Le Figaro, repris en 2004, est devenu un groupe très solide. Rappelons néanmoins que ce sont les gouvernements qui ont vendu les Rafale, pas lui, c'est un business particulier. 

Bref, il a mieux fait fructifier ce qu’il a reçu qu’Arnaud Lagardère (ce n’est pas difficile) mais il a moins transformé que Martin Bouygues (dans les télécoms) ou François-Henri Pinault, qui a fait de Kering le numéro deux mondial du luxe. Au final et au-delà des affaires (dans tous les sens du terme), c'était surtout un passionné incroyable de son métier, et un fou de travail parce que tout le monde ne meurt pas à son bureau à 93 ans.

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