**Après une année noire, le commerce mondial est en train de repartir. Oui, en tous cas c’est ce que dit l’étude annuelle publiée vendredi par l’Organisation mondiale du commerce, l’OMC, dirigée à Genève par le français Pascal Lamy. Le premier élément intéressant, c’est la confirmation de la chute des échanges mondiaux, de marchandises, de services, entre les pays l’année dernière. Ces échanges ont reculé de 12% en volume, c’est le plus fort plongeon depuis – tout simplement – 70 ans. Et si on ne raisonne plus en volume, en nombre de containers par exemple, mais en valeur, en dollars, le chiffre n’est plus de 12% mais de plus de 20% - à cause de la baisse du prix du pétrole. La crise globale de 2009 se lit dans ces statistiques plus que toutes les autres. Le second point intéressant, donc, c’est que l’OMC prévoit un rebond cette année de 10% du commerce mondial. Un peu plus rapide du côté des pays émergents qu’ailleurs, mais cela veut dire qu’en deux trois ans, la crise serait effacée. Quelle lecture peut-on faire de ce rebond attendu ?Il faudra voir s’il se confirme, ce ne sont que des prévisions et il est possible que la poursuite du chômage ou les tensions nationalistes que l’on devine infirment ces prévisions. Mais si elles sont justes, cela voudrait dire deux choses précises. La première est que la majorité des pays n’ont pas fait le choix du protectionnisme pendant la crise et qu’ils ne le font pas en sortie de crise. La seconde est que la thèse selon laquelle cette crise allait ouvrir une phase de ralentissement de la mondialisation, ou même d’inversion, de dé-mondialisation, cette thèse n’est pas confirmée. Certains, comme le premier ministre britannique Gordon Brown, avait prédit que les entreprises relocaliseraient leurs sites de production au plus près des lieux de vie des consommateurs, et que ces consommateurs achèteraient moins de tee-shirts chinois. Ce n’est pas ce que l’on voit, dit l’OMC. C’est plutôt positif ou pas ? C’est plutôt une bonne nouvelle. La plupart des pays ont l’air de considérer que le développement des échanges génère de la croissance, celle de l’Europe dans les années 50, celle du Japon dans les années 70, celle de la Chine, du Brésil aujourd’hui. A condition que cela ne soit pas la jungle et c’est pour cela que l’idée d’une taxe carbone aux frontières européennes peut avoir du sens. Ce qui est important, c’est aussi de mesurer l’intégration des échanges. Le commerce mondial, ce n’est pas simplement l’Allemagne qui exporte des machines –outils. Le fameux Ipod d’Apple, par exemple, apparaît comme une exportation chinoise parce qu’il est assemblé là-bas. Mais la plupart des 450 pièces qui le composent viennent d’autres pays asiatiques. Et la Chine n’encaissera que 4 dollars sur 150 dollars. Les statistiques doivent être interprétées finement et relativisées ! La Chine est quand même le premier exportateur mondial ?Avec ces réserves, oui. Chine, Allemagne, Etats-Unis, Japon, c’est le classement, la France arrive en 6ème position. Surprise, l’Inde en 22ème seulement, très loin derrière. Maintenant, si on raisonne par bloc, c’est l’Europe qui export**

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