Le transport aérien, exemple concret, qui nous concerne aussi, des conséquences du Brexit.

Oui, il faut plonger dans l’économie très concrète pour mesurer ce que peut ou va changer le Brexit officiellement déclenché aujourd’hui par Theresa May. Ce qu’on appelle le ciel européen ne relève pas précisément de l’Union européenne, mais de textes spécifiques, comme il y en a une dizaine. L’effet de la sortie du Royaume-Uni est que Londres va perdre ce qu’on appelle les droits de trafic, les droits d’atterrissage et les licences d’exploitation qui permettent aux compagnies aériennes d’origine britannique de circuler librement à l’intérieur du ciel européen. Automatiquement, British Airways et Easy Jet ne pourront plus assurer par exemple des liaisons entre Paris et Berlin ou Madrid pour la première, Paris et Toulouse pour la seconde. Ryanair, basée en Irlande, n’aura pas ce problème mais un autre : elle ne pourra plus assurer des liaisons Manchester-Londres. C’est un bouleversement inédit dans un marché où la concurrence est féroce, au bénéfice des voyageurs et où le low cost a conquis une place toujours croissante y compris en France, grâce à ce ciel européen depuis vingt ans.

Et à partir de là, un grand marchandage va commencer.

Que l’on verra dans tous les domaines et auquel beaucoup de gens vont consacrer une énergie incroyable pendant des mois et des mois. British Airways, EasyJet et Ryanair vont expliquer qu’il faut que rien ne change du tout, au nom du pouvoir d’achat des voyageurs. Chacune va aussi essayer de se faire immatriculer sur le continent, ce sera facile pour British Airways propriétaire de l’espagnol Ibéria. Tirant dans le même sens, les organisations internationales de l’aviation, qui souhaitent que le maximum d’avions volent, diront que les compagnies suisses et norvégiennes, deux pays non membres de l’Europe, ont un accès total au ciel européen et qu’il n’y a aucune raison de punir Londres. En sens inverse, Air France et Lufthansa vont répéter pendant deux ans, comme vient de le faire le patron de la compagnie allemande, que Brexit is Brexit , trop heureuses de voir baisser la concurrence. Alors quel sera le résultat ? Si pour l’instant, les 27 sont unis, la longueur des tractations ne joue pas en leur faveur. L'aérien n'est qu'un exemple maisil est tout à fait possible que Londres ait, au final, dans ce domaine et dans bien d’autres, la marmelade et l’argent de la marmelade. Je dirais même que c’est probable.

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