Nous sommes dans le temps de la cristallisation et des dernières manœuvres de troupes avant la grande grève contre la réforme ferroviaire qui doit commencer lundi soir. Aujourd’hui même, Edouard Philippe tranchera sur les gestes qui seront annoncés demain aux syndicats.

Où est le grain à moudre ? 

Un : sur les dates d’ouverture à la concurrence. L’Europe a fixé un calendrier, à partir de 2021, mais il peut être allongé sous certaines conditions, notamment en Île-de-France. Deux : le grain à moudre est sur les conditions des transferts de personnels vers des opérateurs privés comme Transdev, ce que les experts appellent le sac à dos social. Les salariés de la SNCF pourront partir avec une grosse partie de leur statut. Voilà pour la carotte. 

Mais côté bâton, ces derniers jours, la SNCF a passé un message aux syndicats, un message sur les modalités financières de la grève. Le principe, c’est : un jour de grève, un jour de salaire en moins. Mais en décidant de faire grève deux jours tous les cinq jours jusqu’en juin, les syndicats ont été malins. Non seulement ils étalent la baisse de rémunération, mais en posant certaines grèves pendant des jours de repos, ils espéraient échapper à la ponction. Eh bien, la direction de la SNCF le fait savoir : non, un jour de repos en grève sera décompté. Si la CGT dénonce juridiquement cette lecture, on le voit, les barricades sont dressées des deux côtés. 

Chacun des deux camps a un défi particulier

Avec leur système de grève dite perlée, les syndicats allongent la pagaille pour les usagers et leur effort financier. Mais la méthode a l’inconvénient que l’on pourra mesurer tous les cinq jours si le mouvement est plus ou moins suivi : grosse pression. Pour rappel, il y avait eu près de 5 millions de jours de grève en 1968 et un million en 1995. 

Le gouvernement a lui aussi un problème. Il n’a pas encore réussi à montrer en quoi sa réforme va apporter quelque chose aux voyageurs, sur la qualité de service, la ponctualité et les matériels. Avec l’ouverture du marché des télécoms, l’objectif était limpide : des baisses de prix. Il a été atteint. Cette fois, c’est un service public qui doit fonctionner mieux ; c’est bien plus compliqué à démontrer. C’est pourtant nécessaire.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.