Le nombre des demandeurs d’emploi a augmenté de 34.000 le mois dernier. Le taux de 10% de chômage sera-t-il franchi d’ici le printemps 2012 ?

Oui, c’est probable, parce qu’il n’y aucune raison, hélas, pour que la hausse s’interrompe. Le taux de chômage est à 9,6% de la population active (DOM-TOM compris), il devrait passer la barre des 10% autour de la présidentielle – si on croit les prévisions de l’OCDE publiées hier. La dernière fois que cette barre avait été touchée, c’était en 1999, avec Martine Aubry aux Affaires sociales et François Hollande premier secrétaire du PS ! Avec une légère récession fin 2011 – début 2012, suivie d’une croissance très molle, le chômage ne peut qu’augmenter. Sans oublier la démographie qui gonfle chaque mois la population active. Enfin, Xavier Bertrand, le ministre du Travail craint que les entreprises déroulent des plans sociaux avant une éventuelle alternance, par peur des dispositions qui pourraient être prises par la gauche. L’inverse de la traditionnelle trêve que l’on constate avant les élections.

Mais au fond que veut dire ce chiffre de 10% ?

Pas grand chose ! Il frappe les esprits quand on l’entend, mais cela reste une donnée abstraite. Ce qui frappe, ce n’est pas non plus l’évolution mensuelle du chômage, le solde entre les inscriptions à Pôle emploi et les sorties. Non, la donnée la plus forte à mon avis est le nombre de personnes qui ont perdu leur emploi sur un mois, 575.000 nouvelles inscriptions en octobre, après 700.000 en septembre. Cela permet de mesurer, d’imaginer, de visualiser combien de familles sont d’une manière ou d’une autre touchées. En face, 525.000 demandeurs d’emploi ont retrouvé une activité le mois dernier. Ces éléments montrent l’importance des mouvements sur le marché du travail et rappelle que les plans sociaux dont on parle sur telle PME, sur telle grande entreprise, (ces mouvements) ne sont que la face émergée du chômage. Un chômage qui est silencieux.

Le gouvernement est-il démuni ?

Il peut toujours faire des déclarations martiales. Il a annoncé qu’aucune entreprise où l’Etat est présent au capital ne pourrait supprimer des emplois en cas de récession. Pas vraiment sérieux ! Il peut aussi gonfler les emplois aidés, sauf que cela coûte cher. Il va assouplir le chômage partiel. Mais en définitive, il y a peu de réponses à la question : que faire avec une croissance molle ? Pour l’instant, les pistes sont classiques : réforme des 35 heures et fiscalité anti-délocalisation pour l’UMP, contrat de génération et emplois d’avenir pour le PS. Pourtant, coût du travail, durée du travail en fonction de l’activité, qualité de l’offre française ou débat (gelé depuis dix ans) sur la pertinence de la non-dégressivité des allocations chômage, il y a bien d’autres sujets !

Le chômage peut-il être l’oublié de la présidentielle ?

Oui, parce que les idées neuves manquent. Et pourtant, le chômage est au moins autant l’objectif d’une politique économique que les finances publiques dont on parle matin, midi et soir.

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