Les partis politiques n’ont pas le monopole des guerres de succession, et -disons-le- du ridicule. Car ces jours-ci le Medef offre lui aussi un spectacle assez inédit. Que se passe-t-il ?

Le mandat de Pierre Gattaz dure jusqu’en juillet. Plusieurs candidats sont déclarés, Alexandre Saubot, le patron de l’UIMM (pour résumer c’est l’industrie), et Geoffroy Roux de Bézieux, l’actuel numéro deux. Mais il y a un gros outsider, Jean-Dominique Sénard, PDG de Michelin, qui est intéressé. Beaucoup de monde pense qu’il ferait bien le job, c’est le dirigeant d’une superbe entreprise mondiale et très implantée en France. Sauf que les statuts du Medef prévoient qu’on ne peut pas se présenter si on a plus de 65 ans (entre parenthèses c’est bizarre). Or Sénard aura 65 ans en mars, il aura 65 ans et 4 mois en juillet. Donc, ce n’est pas possible. Mais le monde patronal bruisse de rumeurs sur une interprétation des statuts, leur modification, voire une convocation des électeurs en février pour lui permettre d'être candidat. Et hier, Jean-Dominique Sénard, dans Le Figaro, a implicitement suggéré encore autre chose, que Gattaz démissionne pour lui laisser le champ libre. Lequel Gattaz a répondu par tweet que non, il resterait là. Bref, on est en plein vaudeville, on ne sait pas comment cela va se terminer alors que l’image du Medef est dégradée dans l’opinion. Le Medef ne s’est jamais remis du pin’s « un million d’emplois » arboré par Pierre Gattaz. En fait, il n’a jamais promis un million d’emplois avec les réformes de Hollande, mais des emplois si toutes les réformes qu’il souhaite étaient appliquées. Mais le mal était fait.

Au-delà, il y a une question sur le rôle du Medef

Le Medef a un rôle à la fois de gestionnaire social (sur les retraites complémentaires, l’assurance-chômage, la formation) et économique (d’analyse et de revendication). Le premier rôle disparaît petit à petit parce que l’Etat -y compris l’Etat macronien- prend la main, par exemple sur l’assurance-chômage. Et la représentation patronale est mal organisée pour être entendue de la société toute entière. La logique voudrait qu’un jour le Medef, les très grandes entreprises de l’Afep et la CPME (le PME) fusionnent pour avoir plus de poids et de voix. Mais je peux vous le dire : on n’en prend pas le chemin.

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