La retenue à la source de l'impôt sur le revenu entrera en application dans un mois, le 1er janvier. Huit millions de Français vont avoir une idée de ce que cela changera pour eux dès cette fin novembre. Dans un pays à fleur de peau, le "ressenti" des ménages sera déterminant.

Ministère des Finances, Paris
Ministère des Finances, Paris © AFP

C’est le 1er janvier, que cet impôt sera prélevé directement dans les entreprises et dans la fonction publique par l’employeur sur le salaire versé. 

On a oublié combien ce sujet a passionné il y a trois mois, avec déjà des interrogations sur le pouvoir d’achat. 

Normalement, cette retenue à la source est un basculement technique, pas politique, puisque le montant de l’impôt global ne bouge pas. C’est juste une ponction sur le salaire et non plus le compte en banque avant ou après. 

Mais dans le paysage actuel, celui du « ressenti » et de la colère, elle prend un autre sens et le gouvernement croise les doigts et serre les … dents. 

Sur le papier, cela devrait bien se passer. Aujourd’hui et demain, huit millions de salariés, six dans le privé et deux millions de fonctionnaires, vont découvrir sur leur bulletin de salaire de novembre le taux et le montant qui sera prélevé à partir de janvier. Pas de panique : c’est pour l’instant une indication, pas un vrai prélèvement. 

Mais deux questions apparaissent. 

Un : même si les manifestations des gilets jaunes auront sans doute plus d’impact sur le commerce, l’effet de la retenue à la source sur le moral des ménages et la consommation de la baisse du « net » reçu est inconnu. 

Deux : un certain nombre d’exemples qui m’ont été racontés montrent que l’employeur engrange des informations sensibles sur ses salariés.

Le gouvernement joue en tous cas gros.

Cet automne est un cauchemar pour lui. En octobre, la taxe d’habitation a été allégée de 3 milliards d’euros pour 22 millions de foyers. Qui en parle ? Entre janvier et octobre, tous les salariés du privé ont vu leur paie augmenter de 1,5% grâce à l’opération cotisations sociales versus CSG. Qui lui a dit merci ? Personne. 

Et tout çà pour quoi ? Selon l’Insee, le moral des ménages a chuté de trois points en novembre malgré cette redistribution. Parce que les carburants ont pris le dessus et que les ménages savent aussi qu’il faudra redescendre bien des marches avant que le ras le bol fiscal ne rentre dans le tube de dentifrice (si on peut dire). 

En 2017, a indiqué hier Eurostat, la France a été championne d’Europe des prélèvements publics, huit points au-dessus de la moyenne des 28. 

Youpi.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.