Cet édito est présenté aujourd'hui exceptionnellement par Laurent Guez

Sundar Pichai, à la tête deu département Android chez Google, septembre 2014
Sundar Pichai, à la tête deu département Android chez Google, septembre 2014 © Reuters

Google a annoncé hier soir une nouvelle technologie de diagnostic des maladies. C’est une découverte importante ou un coup de communication ?

J’ai la nette impression qu’il s’agit là d’un sacré progrès ! L’entreprise californienne a en effet mis au point un dispositif qui détecte à l’avance les risques de tumeurs, de crises cardiaques ou d’AVC . La technologie est assez révolutionnaire : elle consiste à injecter un comprimé rempli de nanoparticules qui va circuler dans le sang et va capter les signes avant-coureurs de la maladie.

Ce qui est intéressant, c’est qu’après la voiture sans chauffeur, les lunettes de « réalité augmentée », la santé devient l’un des axes stratégiques de Google. Les projets qui sortent de son laboratoire sont étonnants. Vous trouverez ainsi un outil qui permet à votre généraliste de vous ausculter par webcam ! Si vous êtes diabétique, vous pourrez porter des lentilles de contact connectées qui mesurent en temps réel votre glycémie. Et puis il y a un projet encore plus ambitieux, qui vise à modéliser toutes les maladies grâce à l’analyse de l’ADN de milliers d’individus… Il ne faut plus considérer Google comme un moteur de recherche de pages sur internet, mais bien comme l’un des moteurs de la recherche tout court.

Mais Google a-t-il un but caché, un objectif dont il faut se méfier ?

Il faut toujours être vigilant avec les géants du numérique, qui sont en train de prendre le contrôle d’une ressource sensible : les données . Il faut empêcher Google, mais aussi Facebook ou Amazon, d’utiliser nos données médicales personnelles, si jamais ça leur passait par la tête.

Mais honnêtement, les projets que je viens d’évoquer n’ont rien à voir avec la protection des données. En fait, les fondateurs de Google, Larry Page et Sergueï Brin, sont encore jeunes (41 ans chacun), ils veulent vivre longtemps, et en bonne santé. Ils ont aussi envie de changer le monde… et pour cela ils ont un atout en poche : des milliards de bénéfices. Pour être précis : 13 milliards de dollars l’an dernier. Ils sont absolument convaincus (et à mon avis ils n’ont pas tout à fait tort) que nous vivons une période extraordinaire, où la puissance de calcul, la biologie, la robotique et les nanotechnologies peuvent se combiner pour faire des miracles . Et puis comme ils sont un peu fous, ils sont très sensibles aux thèses « transhumanistes ». Finalement, ils rêvent d’en finir une bonne fois pour toute avec la mort . Si déjà ils arrivent à la repousser un peu, ce ne serait pas si mal.

Le projet présenté par Andrew Conrad, chef du département Sciences de la Vie de Google

(vidéo en anglais)

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