Le gouvernement a lancé ce week-end une grande offensive sur le pouvoir d’achat.

Il a effectivement sorti l’artillerie lourde. Bruno Le Maire, ministre des Finances, était hier dans Le Parisien, Gérald Darmanin, chargé du Budget, était dans Le JDD et Gilles Le Gendre, le patron des députés En Marche, était dans ce studio. 

Cela ne doit rien au hasard : tous les salariés du privé vont recevoir d’ici mercredi leur paie d’octobre, qui augmente de 1% quasiment. C’est la seconde étape du basculement des cotisations sociales et l’enjeu est lourd : essayer de casser l’idée que le pouvoir d’achat baisse, idée qu’ont plus de huit Français sur dix et idée qui se nourrit essentiellement de la hausse du prix des carburants. 

Très concrètement, je me demande même si ce n’est pas une première : le nombre d’euros gagnés par mois grâce à cette réforme figure en bas de chaque bulletin de salaire d’octobre, les employeurs ont cette obligation, sans limitation de durée, un arrêté du 9 mai a été publié au Journal Officiel. 

Et de fait, le pouvoir d’achat va grimper pour la majorité des Français, y compris avec la taxe d’habitation, avec des exceptions pour des retraités, des fonctionnaires ou des chômeurs. Selon l’Insee, la hausse a été de 0,5% au troisième trimestre et sera même de 1,7% ce trimestre-ci.

Comment expliquer ce sentiment des Français ?

On pourrait dire que nous avons toujours tendance à tout dramatiser, parce que cela nous a toujours protégé des dangers quand nous étions des hommes et des femmes préhistoriques. Mais je sens que cela ne vous suffit pas comme réponse ! 

Plus sérieusement, le gouvernement a fait, sans doute, deux erreurs. La première est d’avoir étalé ses cadeaux fiscaux, la baisse des cotisations en deux fois, celle de la taxe d’habitation en trois fois. Vider une casserole par a-coups avec une petite cuillère plutôt qu’avec une louche fait moins d’effets. 

L’autre possibilité était de frapper plus fort dès le début du quinquennat, mais il aurait fallu décaler la baisse de l’ISF – ce qui était prévu au départ par Edouard Philippe mais a été modifié par Emmanuel Macron. 

La seconde erreur est d’aujourd’hui et concerne les carburants. Le gouvernement assume de remonter les taxes au nom de l’environnement. Très bien. Parenthèse : Comme on l’a déjà ici, remarquons qu’on a n’a pas entendu l’en féliciter tous ceux qui ont pleuré bruyamment le départ de Nicolas Hulot. Fin de la parenthèse. Mais les pouvoirs publics devraient dire à quoi sert l’argent. Et entre les primes aux changements de voiture, les chèques énergie et surtout les milliards d'euros des subventions aux énergies renouvelables, il y perd bien plus qu’il n’y gagne. 

C’est pour cela que la com du gouvernement est d’un amateurisme étonnant.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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